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Course au dollar en Argentine, le gouvernement cherche à rassurer

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Course au dollar en Argentine, le gouvernement cherche à rassurer

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La crise de confiance dans le peso continue: les citoyens argentins et les entreprises se réfugient dans le dollar, alors que le gouvernement tente de tranquilliser les Argentins, assurant que l'instabilité sur le marché des changes allait diminuer avec les versements du FMI. Mercredi, l'Argentine doit encaisser 15 milliards de dollars du FMI, la première tranche du prêt de 50 milliards négocié avec le Fonds monétaire international. Depuis le début de l'année, le peso s'est déprécié de 34% par rapport au dollar. "Ces liquidités vont contribuer à diminuer les turbulences sur le marché des changes. (...) Nous travaillons pour normaliser le marché des changes", a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances Nicolas Dujovne, lors d'une conférence de presse. Malgré des mesures choc et l'annonce d'un accord avec le FMI pour un plan d'austérité budgétaire, le peso s'est déprécié encore de 6% jeudi, poussant le gouvernement à changer le gouverneur de la banque centrale (BCRA). Quelques heures plus tard, le président de la BCRA Federico Sturzenegger présentait jeudi sa démission au chef de l'Etat estimant qu'il avait perdu de sa crédibilité. Il cède sa place à la tête de la BCRA à l'actuel ministre des Finances Luis Caputo. Ni la hausse du taux d'intérêt directeur, porté à 40%, ni les ventes de réserves de devises n'ont réussi à enrayer la spirale de dépréciation qui frappe le peso. "Nous avons de nouvelles turbulences sur le marché des changes et nous comprenons que cela inquiète les Argentins", a relevé le ministre lors d'une conférence de presse. Les Argentins, dont le pouvoir d'achat est affaibli par une inflation annuelle supérieure à 20%, redoutent avant tout que la dépréciation du peso accentue encore la hausse des prix. Nicolas Dujovne a par ailleurs assuré que le président de centre-droit Mauricio Macri maintenait le cap économique, avec un programme d'austérité pour réduire le déficit budgétaire et un taux de change flottant. Le ministre a fait remarquer que la troisième économie d'Amérique latine connaissait "des problèmes économiques depuis 70 ans" et que "si l'Argentine retrouve la confiance dans sa monnaie, nous ferons un pas important". La dépréciation du peso est telle ces dernières semaines, que les entreprises vendent leurs pesos aussi rapidement qu'elles le peuvent pour ne pas garder dans leur caisse des pesos qui perdent 10% de leur valeur d'une semaine sur l'autre. Le ministre a mis en avant que des évènements extérieurs cette année, comme la hausse des taux d'intérêts et l'augmentation du prix du pétrole, l'Argentine étant importatrice, avaient également contribuer à fragiliser l'économie. "Il y a des raisons internes: le déséquilibre budgétaire et commercial; et il y a un contexte international, avec un dollar qui s'apprécie dans le monde", estime Aldo Pignanelli, ancien président de la BCRA. "Même avec l'accord conclu avec le FMI, l'offre de devises reste faible. Il faut le mettre en perspective dans un marché mondial avec des taux d'intérêt en hausse qui nous frappent car nous faisons partie des pays les plus vulnérables", regrette l'économiste Amilcar Collante du centre d'études économiques du Sud, dans le quotidien La Nacion. L'"accord de confirmation" (Stand-by agreement) passé par l'Argentine avec le FMI, dont les modalités ont été dévoilées le 8 mai comprend une aide de 50 milliards de dollars, dont la première tranche de 15 milliards sera versée à partir du 20 juin, une fois que l'institution donne son feu vert définitif à l'accord. Un "accord de confirmation" peut durer jusqu'à trois ans maximum mais il couvre le plus souvent une période de un à deux ans. Il doit être remboursé dans les trois à cinq ans suivant le déboursement. Mais cet accord ne se fait pas sans contrepartie puisque le gouvernement argentin s'est engagé à atteindre l'équilibre fiscal en 2020 en "réduisant les dépenses publiques pour les ramener à des niveaux adéquats et soutenables". Le gouvernement essaie éviter d'ajouter une crise sociale au marasme économique dans un pays qui garde un mauvais souvenir du FMI, nombre d'Argentins estimant que l'institution est en partie responsable de la crise économique de 2001 et du défaut de paiement qui s'en était suivi. La cure d'austérité s'accompagnera notamment d'une maîtrise des salaires qui risque d'accentuer le mécontentement croissant de la population. L'Argentine s'attend à une croissance comprise entre 0,4% et 1,4% en 2018, loin des 3% prévus initialement, et la hausse des prix devrait dépasser celle de 2017 (25%).
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