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Boxe et antidopage: l'autre combat de Tony Yoka

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Boxe et antidopage: l'autre combat de Tony Yoka

Boxe et antidopage: l'autre combat de Tony Yoka
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A trois jours de son 5e rendez-vous chez les professionnels, Tony Yoka livre mercredi devant l'antidopage français un combat tout aussi crucial: il devra se montrer très convaincant pour éviter une lourde suspension après avoir manqué à ses obligations de localisation. Depuis la révélation au mois de mars de ses "no show", accumulés entre juillet 2016 et juillet 2017, le champion olympique des lourds vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Bien plus que l'Anglais David Allen, son prochain adversaire sur le ring, samedi au Palais des sports de Paris, c'est le collège de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), chargé d'entendre ses explications, qui constitue à court terme la principale menace pour le boxeur de 26 ans. Toute la question est de savoir si l'Agence sera aussi conciliante que la Fédération française de boxe, qui lui avait infligé le 12 décembre une suspension d'un an avec sursis. Le danger est réel pour Yoka puisque, pour trois manquements en douze mois, le code de l'Agence mondiale antidopage (AMA) est très clair: c'est deux ans de suspension ferme, ou un an au mieux, "en fonction du degré de la faute du sportif". Le droit français dispose que la peine peut être encore réduite en raison de "circonstances particulières", mais l'AFLD a l'habitude de suivre la réglementation de l'AMA. L'Agence devrait rendre sa sentence plusieurs jours plus tard, en la notifiant au boxeur, ce qui lui laisse théoriquement le temps de disputer son combat samedi. Tony Yoka pourra contester la décision devant le Conseil d'Etat mais ce recours n'est pas suspensif, en principe. - 'Négligences' - Autant dire que le Parisien pourrait voir son ascension sportive et médiatique brisée net, lui qui avait enchanté la France aux JO de Rio en 2016 en remportant la première médaille d'or de l'histoire de la boxe tricolore chez les lourds, réveillant du même coup le fantasme d'un futur sacre en pro dans la catégorie reine. Yoka, invaincu en 4 combats, avait imaginé 2018 comme une année charnière dans son long parcours vers les sommets. Selon le degré de sévérité de l'AFLD, il pourrait finalement être obligé de mettre ses hautes ambitions entre parenthèses, même s'il répète à l'envi qu'une sanction lourde ne "signifierait pas la fin de (sa) carrière". Et que décidera alors Canal+, qui lui a fait signer en 2017 un contrat d'exclusivité de 4 ans estimé entre 8 et 10 millions d'euros ? La ligne de défense du boxeur français, qui sera présent au siège de l'AFLD en compagnie de son épouse, la boxeuse Estelle Mossely, également championne olympique, ne devrait en tout cas pas varier et c'est l'oubli et l'inattention qui seront plaidés. "Tony ne veut pas échapper à ses responsabilités, a expliqué son avocat Me Arnaud Péricard à l'AFP. Mais sans chercher à excuser les négligences, on peut essayer de les expliquer. La bonne foi n'a jamais été une circonstance aggravante." - Sérénité - A l'aube de cette échéance majeure pour la suite de son parcours de boxeur, Yoka affiche de son côté sa sérénité, tout en ayant conscience qu'il n'a pas son destin entre les mains. "Samedi, c'est moi qui décide de mon sort, et mercredi ce n'est pas vraiment moi, a-t-il déclaré lundi. Je ne dis pas que je suis confiant mais je n'ai plus qu'à attendre. Je tenais à être là, c'est pour ça qu'on a demandé un report, pour attendre ma venue en France", a expliqué le champion olympique, qui s'entraîne aux Etats-Unis. "Je tenais à m'exprimer personnellement parce que c'est ma responsabilité. On parle quand même de moi et de mon avenir, et ce serait dommage de laisser quelqu'un d'autre que moi s'exprimer là-dessus. Cela fait plusieurs semaines qu'on sait qu'on aura une audience donc on s'est bien préparés", a-t-il ajouté. Comme pour un vrai combat.
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