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La CEDH met un point final aux plaintes du tueur norvégien Breivik

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La CEDH met un point final aux plaintes du tueur norvégien Breivik

La CEDH met un point final aux plaintes du tueur norvégien Breivik
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La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a mis jeudi un point final aux recours du tueur de masse norvégien Anders Behring Breivik qui considérait ses conditions de détention "inhumaines", au grand soulagement des victimes. Condamné par la justice norvégienne en 2012 pour le meurtre de 77 personnes, Breivik, aujourd'hui âgé de 39 ans, espérait faire reconnaître par les juges que ses conditions de détention à la prison de Skien (sud) étaient contraires à la Convention européenne des droits de l'Homme. Maintenu à l'écart des autres prisonniers, le néo-nazi estime notamment que son isolement constitue un traitement "inhumain" et "dégradant". Tous ses recours avaient été épuisés dans son pays, depuis que la Cour suprême a refusé d'examiner son appel en juin 2017. Dans une "décision définitive", trois juges de la CEDH ont considéré que la requête de Breivik ne relevait pas d'une "violation de la Convention" et déclaré sa plainte "irrecevable pour défaut manifeste de fondement". "L'affaire Breivik a été rejetée à Strasbourg. Ravi. Puissent-ils, lui et ceux qui partagent son message de merde, pourrir en enfer", a lancé sur Twitter, Tore Remi Christensen, un rescapé de la tuerie de l'île d'Utøya, où Breivik a abattu froidement 69 personnes, pour la plupart des adolescents, le 22 juillet 2011. Déguisé en policier, il avait traqué et fait feu pendant plus d'une heure sur les participants à un camp d'été de la Jeunesse travailliste, piégés sur l'île. Un peu plus tôt, il avait tué huit autres personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo. "C'est un soulagement. Maintenant, on espère qu'on ne parlera plus de lui pendant de très nombreuses années", a déclaré à l'AFP Lisbeth Kristine Røyneland, présidente du groupe de soutien aux victimes, qui a elle-même perdu sa fille âgée de 18 ans sur Utøya. L'avocat de Breivik, Øystein Storrvik, a de son côté qualifié de "défaite" la décision de la Cour mais précisé que son client y était préparé. "Son état (physiologique) a empiré" à cause de son isolement, a affirmé M. Storrvik à l'AFP. "Il n'arrive par exemple pas à étudier". - "Prisonnier VIP" - La décision de la CEDH efface définitivement un jugement rendu en Norvège 2016 par un juge de première instance qui avait estimé que son isolement prolongé constituait une violation de ses droits. Considérée comme une gifle cinglante pour un État qui se targue de conduire une politique carcérale humaine, cette décision avait semé consternation et émoi au sein des familles des victimes et au-delà. Elle avait cependant été infirmée en appel. À l'époque, le procureur général, Fredrik Sejersted, avait décrit un "prisonnier VIP", en bonne santé physique et psychologique, supportant très bien son régime carcéral. Breivik dispose de trois cellules de plus de 10 m2 chacune équipées d'un téléviseur avec jeux vidéo et lecteur DVD, d'un ordinateur (sans connexion internet) et d'appareils de musculation. "La Norvège obtient une fois pour toutes la confirmation que les droits de l'Homme d'Anders Behring Breivik ne sont pas enfreints dans les conditions carcérales qui sont les siennes", a réagi jeudi auprès de l'agence NTB un représentant de l'État norvégien, Marius Emberland. "Nous sommes satisfaits de ce point final", a-t-il ajouté. Le tueur d'extrême droite, qui a changé son nom en Fjotolf Hansen, purge une peine de 21 ans de prison susceptible d'être prolongée indéfiniment. N'ayant jamais exprimé de remords, il avait justifié ses crimes, les plus graves de l'histoire d'après-guerre en Norvège, par le fait que ses victimes embrassaient le multiculturalisme. Chaque procès lié au drame a été vécu douloureusement dans le pays nordique, d'autant que l'extrémiste de droite tentait souvent d'en faire une tribune politique et y multipliait les provocations. À l'instar du groupe de soutien aux familles des victimes, nombreux sont ceux qui taisent son nom et préfèrent le désigner comme "le terroriste", "le tueur de masse" ou encore "le tueur d'enfants".
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