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En Espagne, la colère monte devant la libération prochaine de "La Meute"

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En Espagne, la colère monte devant la libération prochaine de "La Meute"

En Espagne, la colère monte devant la libération prochaine de "La Meute"
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Des manifestations se préparaient vendredi dans toute l'Espagne, indignée par l'annonce de la prochaine libération sous caution de "La Meute", cinq hommes qui ont abusé d'une jeune fille, en attendant que leur condamnation soit jugée en appel. Le tribunal qui avait déjà scandalisé l'Espagne en avril dernier en écartant la qualification de viol pour les faits établis -les accusés âgés de 27 à 29 ans, s'étaient filmés en train d'abuser de la jeune femme pendant les fêtes de la San Fermin à Pampelune- a autorisé leur mise en liberté sous contrôle judiciaire moyennant une caution de 6.000 euros chacun. Ils avaient été condamnés à neuf ans de prison chacun pour "abus sexuel". "Le Tribunal de La Meute intensifie la colère en la libérant", titre en Une le quotidien catalan La Vanguardia, tandis qu'à Madrid, le journal conservateur ABC proclame en première page "Colère et stupeur devant la libération de La Meute". Des mouvements féministes ont appelé à manifester vendredi soir à Madrid, mais aussi à Valence, à Séville d'où sont originaires les cinq agresseurs, à Saragosse, à Grenade et plusieurs autres villes d'Espagne. Les premières manifestations avaient eu lieu jeudi à Pampelune même, où la jeune femme s'était fait agresser à l'été 2016, à Barcelone et dans les trois grandes villes du Pays basque : Bilbao, Vitoria et San Sebastian. "C'est une honte, ces vauriens de violeurs s'en tirent facilement. On dirait qu'on veut les libérer pour qu'ils soient prêts à recommencer le 7 juillet, jour de la San Fermin", a déclaré à l'AFP Carmen Roman, une manifestante de 66 ans à Barcelone. - 'Gravissime' - Dans sa décision rendue publique vendredi, le tribunal de Navarre explique autoriser la libération des cinq Sévillans parce que la pression sociale qui s'exerce sur eux rend "pratiquement impensable" le risque de récidive. S'ils paient la caution, les condamnés, qui ont déjà passé près de deux ans en détention provisoire, resteront soumis à un contrôle judiciaire: interdiction de quitter l'Espagne et retrait du passeport, obligation de se présenter les lundis, mercredis et vendredis au tribunal de leur lieu de résidence, et interdiction de se rendre à Madrid où réside leur victime. Mais un des trois juges a émis une opinion divergente, se prononçant pour leur maintien en détention sans condition pendant la moitié de leur peine, soit quatre ans et demi. Les cinq jeunes hommes, dont un garde civil et un ancien militaire, attendent leur procès en appel, le parquet ayant contesté le jugement en première instance, le jugeant trop clément. Le maire de Pampelune, Joseba Asiron, a annoncé vendredi que la mairie, partie civile dans l'affaire, ferait aussi appel de la libération sous contrôle judiciaire. "Il y a un divorce croissant entre certaines décisions de justice et ce que pense l'ensemble des citoyens", a affirmé cet élu du parti de gauche indépendantiste basque EH Bildu. Une pétition lancée en ligne sur le site change.org, contre la libération des condamnés, avait recueilli à la mi-journée plus de 500.000 signatures. La décision du 26 avril dernier, où les cinq accusés avaient été disculpés de viol, avait provoqué une vague de manifestations dans toute l'Espagne, où les mouvements féministes sont particulièrement puissants. Ils avaient mobilisé des millions de femmes lors d'une grève générale féministe le 8 mars dernier. La nouvelle ministre socialiste de la Justice, Dolores Delgado, a évité de commenter la décision du tribunal, se contentant de souligner que les faits établis dans le procès étaient "gravissimes" et d'appeler à une "réforme des mentalités". La toute première mesure annoncée par le nouveau gouvernement de Pedro Sanchez, entré en fonctions au début du mois et composé de 11 ministres femmes pour six hommes, est une formation des magistrats pour les sensibiliser aux questions de violences faites aux femmes.
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