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Le triomphe d'Erdogan divise les turcs

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Des pouvoirs renforcées pour un même chef d'Etat. Recep Tayyip Erdoğan a été réélu à la présidence de la Turquie dès le Premier tour ce dimanche, avec 52,5 % des voix d'après l'agence étatique Anadolu. Son premier opposant, Muharrem Ince du parti CHP, a rassemblé 30,7 % des suffrages.

Le social-démocrate a reconnu sa défaite mais dénoncé une "élection injuste", et mis en garde contre l'installation d'un "régime autocratique".

"Si son résultat avait été de 50,1 %, alors la situation aurait été discutable. S'ils avaient volé 1000 ou 2000 voix, nous serions descendus dans la rue. Mais la situation est claire, nous n'avons d'autre choix que de l'accepter. Ne pas le faire, c'est ne pas respecter la démocratie, c'est ne pas respecter la volonté du peuple", a déclaré Muharrem Ince lors d'une conférence de presse ce lundi.

Ce lundi dans les rues d'Istanbul, au carrefour entre l'Orient et l'Occident, beaucoup voient en cette réélection une victoire pour la Turquie. D'autres sont dévastés, comme Burcu, qui ne peut pas retenir ses larmes :

"Je suis très très en colère. Je suis une jeune femme, je n'ai que 25 ans. C'est un très beau pays et je veux y vivre, mais en tant que jeune femme, tout peut basculer", dit-elle en sanglots.

A l'inverse, le petit commerçant Yilmaz Kapagan pense que "c'est une bonne nouvelle pour le pays. Comme dit notre président : "On ne s'arrête pas, on continue notre chemin", conclut-il.

Aux législatives qui avaient également lieu dimanche, le parti du président AKP a obtenu 42% des voix et le MHP, son allié ultranationaliste, 11%, lui donnant une majorité absolue de députés.

Recep Tayyip Erdoğan a promis d'appliquer rapidement la réforme constitutionnelle adoptée l'an dernier par référendum. Elle permettra au président de nommer les ministres et hauts magistrats, de décider du budget et de gouverner par décrets, sans Premier ministre.