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Argentine: Maradona et Messi, l'inévitable comparaison

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Argentine: Maradona et Messi, l'inévitable comparaison

Argentine: Maradona et Messi, l'inévitable comparaison
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Tout les oppose, si ce n'est un même talent balle au pied et l'attente démesurée d'un pays fou de foot: Diego Maradona et Lionel Messi, personnalités contraires et parcours différents, sont sans cesse comparés, notamment en Argentine et souvent au détriment du second. "Ce sont des comparaisons qu'on devrait laisser de côté", avait pourtant préconisé le président de la fédération argentine Claudio Tapia avant le Mondial-2018. . La personnalité: "caudillo" contre "boudeur" Il n'y a qu'à les voir devant un micro pour saisir le gouffre qui sépare Lionel Messi de Diego Maradona. Le premier est aussi mal à l'aise que le second aime attirer l'attention, le trentenaire aussi avare de mots que le 'quinqua' est prolixe en "punchlines" et coups de griffes. Propulsé très tôt héritier du "Pibe de Oro" champion du monde 1986, Messi a, en tout cas en sélection, toujours dû vivre dans l'ombre de son encombrant prédécesseur. "Les Argentins ont toujours eu des 'Caudillos' (chef de guerre, ndlr) comme ils disent, des mecs qui emportaient tout sur le terrain, des Daniel Passarella, Diego Maradona, même Roberto Ayala... Des tauliers", explique à l'AFP Alexandre Juillard, auteur d'une biographie de Messi intitulée "Insubmersible Messi". A contrario Messi, "il ne faut pas lui demander des choses dont il n'est pas capable". Quand le bateau tangue, c'est le 'Jefecito' Javier Mascherano qui bat le rappel des troupes. "Messi est plus du genre à bouder dans sa chambre qu'à rassembler tout le monde pour parler", explique son biographe. . Le parcours: régularité contre zig-zags Les deux N.10 ont pour point commun d'être passés par Barcelone... Mais pas aussi longtemps. Maradona n'y est resté que deux saisons, de 1982 à 1984, avant de connaître la gloire - d'abord dans les pages sportives, puis dans celles des faits divers - à Naples, où il reste sept ans. Sa fin de carrière, à Séville (1992-93) puis en Argentine, est plus mitigée. Messi, lui, est l'homme d'un club, la maison blaugrana, qu'il a rejoint à l'âge de 13 ans. Et où il brille, saison après saison, récoltant cinq Ballons d'Or, quatre Ligue des champions et plantant chaque année une cinquantaine de buts (!) dans l'ensemble des compétitions qu'il dispute. Bémol aux yeux des Argentins: "il n'a pas eu de carrière en Argentine" avant son départ pour l'Espagne, "du coup les Argentins l'attendent d'autant plus en sélection", explique encore Alexandre Juillard. A ses yeux, le fait de jouer en Argentine aurait aussi "vacciné" Messi "sur les maux du football argentin". Rivalités intestines, guerres politiques... "La fédération argentine est à la dérive, et lui n'est pas le genre de mec à pouvoir affronter ça. Ce n'est pas une grande gueule, pas un politique... Pas un Maradona". . Le football: même talent, époques différentes On dit "un but à la Maradona" comme on dit "un but à la Messi", et cela désigne une action un peu similaire, avec des dribbles comme sur un fil, un toucher de balle de rêve et des adversaires qui restent pantois. Les deux petits gabarits furent chacun à leur tour capable d'illuminer un match fermé par un coup de génie. Mais seul un des deux est champion du monde. Maradona a défendu récemment les résultats jusque-là mitigés de Messi. "Il joue comme il peut jouer, il fait ce qu'il peut. C'est difficile de résoudre le problème de tes coéquipiers", a-t-il observé, après la déroute d'une Argentine brinquebalante contre la Croatie (3-0). Et de compléter, sur la télévision vénézuélienne Telesur: "je l'ai vécu dans ma chair propre: je savais ce qu'allaient faire (Ricardo) Giusti, (Sergio) Batista ou (Jorge) Valdano, je savais si je devais la donner loin ou proche, parce que sinon l'adversaire la récupérait". Façon de délester Messi du poids des responsabilités, ou de mettre en avant ses propres mérites? "Messi s'est fait violence contre le Nigeria. Il lui reste maintenant à tuer le père, le dieu vivant des Argentins, en guidant son équipe bancale jusqu'à la victoire finale, le 15 juillet à Moscou", écrit dans le quotidien Le Monde l'écrivain Olivier Guez. Seul moyen sans doute de mettre un terme, une bonne fois pour toutes, aux envies de comparaisons.
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