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Le gouvernement espagnol va créer une "commission vérité" sur le franquisme

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Le gouvernement espagnol va créer une "commission vérité" sur le franquisme

Le gouvernement espagnol va créer une "commission vérité" sur le franquisme
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Le nouveau gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez va créer une "commission vérité" sur la dictature de Francisco Franco et recenser les victimes de la guerre civile et du régime franquiste, a annoncé mercredi le ministère espagnol de la Justice. Selon le ministère, une "réforme intégrale" de la loi de mémoire historique adoptée en 2007 va être lancée, notamment pour créer cette "commission vérité", dans un pays où les années de guerre civile (1936-1939) et de dictature (1939-1975) font encore largement débat. Le gouvernement veut aussi annuler les décisions des "tribunaux d'exception" franquistes et "établir des plans de recherche des disparus de la guerre civile et de la dictature franquiste", poursuit le ministère. Un "recensement officiel des victimes de la Guerre civile et de la dictature" sera par ailleurs publié. Le gouvernement va aussi étudier les moyens de rendre "illégales" les organisations "qui font l'apologie du franquisme" comme la Fondation Francisco Franco, affirme encore le ministère. Avec cet ensemble de mesures, le gouvernement compte "mettre fin à ce manque déchirant de justice qui nous humilie tous en tant que peuple", a déclaré la ministre de la Justice Dolores Delgado devant une commission parlementaire. Dans "The Spanish Holocaust", l'historien britannique Paul Preston évalue à 200.000 le nombre de morts au combat durant la guerre civile et avance le même chiffre pour les assassinats et les exécutions, dont 150.000 victimes des franquistes. Des milliers de personnes ont ensuite été exécutées dans les années 1940 pour leurs liens, réels ou supposés, avec la République écrasée par Franco. Dès son arrivée au pouvoir, Pedro Sanchez a affiché sa détermination à transférer les restes du dictateur de son mausolée près de Madrid pour en faire un lieu de "réconciliation". Une exhumation qui pourrait avoir lieu en juillet, selon ce qu'a laissé filtrer le gouvernement. Ce mausolée dans le "Valle de los Caidos", à 50 kilomètres de Madrid, est un complexe monumental commémorant la guerre civile que le dictateur avait imaginé et fait construire. Sa tombe, toujours fleurie, voisine avec celle du fondateur du parti fascisant de La Phalange, José Antonio Primo de Rivera. Au nom d'une prétendue "réconciliation" nationale, Franco y avait transféré les restes de 37.000 victimes - nationalistes et républicaines - de la guerre civile, généralement sans même en avertir les familles et alors qu'entre 1940 et 1959, ce complexe fut en partie construit par des prisonniers républicains, contraints au travail forcé et parfois morts sur le chantier.
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