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"Croyez-vous que je vais survivre?": des rescapés racontent l'horreur de l'attentat au Pakistan

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"Croyez-vous que je vais survivre?": des rescapés racontent l'horreur de l'attentat au Pakistan

"Croyez-vous que je vais survivre?": des rescapés racontent l'horreur de l'attentat au Pakistan
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Des survivants de l'attentat suicide qui a fait 128 morts lors d'un meeting électoral au Pakistan vendredi ont dépeint des scènes de véritable horreur, depuis l'hôpital archibondé de Quetta où ils étaient soignés samedi. Le discours avait "à peine commencé que quelque chose m'a heurté", raconte Mansoor Ahmed, 34 ans, un militant du parti de Mir Siraj Raisani, candidat à un siège de député provincial, qui figure parmi les tués. "C'était comme un mauvais rêve", se souvient Mansoor Ahmed, évoquant le sang et les morceaux de chair humaine qu'il a vus. La déflagration a fait tomber un autre homme sur lui. "Lorsque je l'ai poussé, une fontaine de sang a jailli de mon estomac", poursuit-il. Il a ensuite perdu connaissance et ignore si les amis qui étaient avec lui au meeting ont survécu. Les médecins lui ont expliqué que des billes de métal, qui avaient été mélangées aux explosifs, avaient pénétré son estomac. "Les docteurs disent que je vais survivre. Mais je ne suis pas sûr. Vous pensez que je vais survivre ?", demande-t-il. L'attaque de vendredi, la plus meurtrière au Pakistan depuis celle d'une école de Peshawar (nord-ouest) qui avait fait plus de 150 morts en décembre 2014, a été revendiquée par le groupe Etat islamique. Le kamikaze a fait exploser sa charge alors que Mir Siraj Raisani prenait la parole sous une vaste tente devant des centaines de personnes. M. Raisani, qui faisait campagne pour les élections législatives du 25 juillet, figure parmi les victimes. "Lorsqu'il s'est levé, il y a eu une énorme explosion", raconte Rustam Raisani, un étudiant qui faisait partie de l'équipe de sécurité et se trouvait debout sur la scène derrière Siraj Raisani. "Je ne pouvais rien voir. Il n'y avait que de la poussière et l'odeur du sang et de la chair humaine carbonisée. J'entendais des hurlements", a-t-il dit à l'AFP depuis l'hôpital de Quetta où il a été transporté parmi des dizaines d'autres blessés. Plus de 150 blessés au total ont été recensés. - Situation cauchemardesque - Les couloirs de l'établissement étaient tellement bondés de blessés, accompagnés de nombreux membres de leurs familles, qu'il était devenu pratiquement impossible de les traverser. Nombre de personnes dormaient à même le sol ou dans les coins, a constaté un journaliste de l'AFP. Les instants juste après l'explosion ont été terribles, souligne Ghulam Hussain, un autre survivant lui aussi soigné pour des blessures à la tête. "Il y a eu une sorte de bousculade. (...) J'ai essayé d'attraper d'autres gens, et hurlé à l'aide", réussissant finalement à attirer l'attention de quelques personnes et à obtenir leur aide pour éviter que les blessés soient piétinés, dit-il. L'évacuation des victimes du site de l'attentat a elle-même pris un tour cauchemardesque, ont raconté d'autres témoins, décrivant des blessés entassés sur des rickshaw dans une tentative désespérée de les conduire à temps à l'hôpital. La petite ville de Mastung, où s'est produit l'attentat, est mal pourvue en électricité et très pauvre en installations médicales. Le Baloutchistan, dans le sud-ouest du Pakistan, est la province la plus pauvre et la plus instable du pays.
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