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Entre la F1 et l'Allemagne, c'est devenu "je t'aime, moi non plus"

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Entre la F1 et l'Allemagne, c'est devenu "je t'aime, moi non plus"

Entre la F1 et l'Allemagne, c'est devenu "je t'aime, moi non plus"
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L'histoire d'amour entre la Formule 1 et l'Allemagne, née à l'époque des triomphes de Michael Schumacher, bat sérieusement de l'aile, comme l'illustre la pérennité très menacée du Grand Prix national qui a lieu dimanche.

Hockenheim n'accueillera pas la course l'an prochain faute d'accord financier entre les organisateurs et les propriétaires de la discipline, le groupe américain Liberty Media.

Certaines voix, lugubres, vont même jusqu'à évoquer le dernier GP d'Allemagne de l'histoire.

"Nous sommes une nation de constructeurs de voitures, avec d'immenses succès dans le sport automobile et la F1, et ce serait très triste de perdre cet évènement", assure Nico Hülkenberg (Renault).

"Malgré leurs gros efforts, c'est très dur pour les promoteurs de faire un bénéfice car ils n'ont pas d'aides de l'Etat ou de la région", souligne Sebastian Vettel (Ferrari).

Le gouvernement de Rhénanie-Palatinat (ouest) a coupé le robinet des subventions en 2013 pour le Nürburgring, qui devait organiser l'épreuve un an sur deux.

Celui du Bade-Wurtemberg (sud-ouest), où est situé Hockenheim, semble décidé à ne pas apporter le moindre coup de pouce.

Les courses auto ne sont pas en odeur de sainteté outre-Rhin, notamment à la suite du scandale des moteurs truqués de Volkswagen.

"Jusqu'à présent, en comptant sur nos propres forces, nous nous en sommes tirés avec un léger déficit ou un résultat juste à l'équilibre", explique Georg Seiler, le gérant du circuit.

"Mais en fin de compte cela reste un risque que nous ne pouvons plus assumer seul et nous ne le ferons pas à l'avenir", souligne-t-il.

- Les cousins Schumacher -

"Ce n'est évidemment pas à moi de décider comment dépenser l'argent du contribuable, cependant la région se prive de rentrées fiscales et d'un évènement positif pour son image", affirme le truculent patron du Hockenheimring.

"C'est sans doute la dernière fois avant longtemps qu'on vient ici, ce qui est dommage car c'est un des grands classiques de la F1", regrette Vettel.

"Michael (Schumacher) a été celui qui a popularisé ce sport dans notre pays: sur la grille, on a eu jusqu'à six pilotes, maintenant il n'y a plus que Nico et moi", déplore-t-il.

Derrière les deux trentenaires, la relève se fait attendre à l'image des résultats médiocres de Maximilian Günther en Formule 2 et David Beckmann en GP3.

Les cousins Schumacher, Mick, le fils de Michael, et David, celui de Ralf, ne semblent pas fait du même bois que leurs illustres géniteurs.

"Peut-être que nous avons gagné trop de titres et été trop gâtés, mais au final c'est l'aspect commercial qui joue le rôle le plus grand dans cette affaire", relativise à juste titre Hülkenberg.

2015 a vu l'absence d'une course de F1 en Allemagne pour la première fois depuis 55 ans.

Le fans allemands apparaissent repus après douze couronnes mondiales glanées entre 1994 et 2016.

Et, comme on peut l'observer dans les campings bordant le circuit, ils sont à la fois nostalgiques de Schumacher et pas emballés par Vettel, qui n'a pas encore ramené de titre à Maranello, à la différence du "Baron rouge".

Les audiences TV ont été divisés par deux par rapport à il y a quinze ans.

- 23 millions par GP -

Face à cette situation, Sky Deutschland, chaîne payante, a été évincée cette saison au profit de la chaîne gratuite RTL, contrairement à la France où le diffuseur principal demeure Canal+, une décision sur laquelle Liberty Media a pesé.

"Le marché allemand est essentiel à nos yeux", assure Sean Bratches, directeur du marketing de la F1, qui trouve "frustrant" l'absence de toute subvention.

Mais le prix demandé, autour de 23 millions d'euros par GP, n'a pas baissé pour autant, alors que l'ancien grand argentier de la F1 Bernie Ecclestone consentait à l'occasion de gros rabais.

Et Georg Seiler rechigne à payer cette somme alors qu'il voit Liberty Media offrir sur un plateau une future course à la ville de Miami.

Il espère ouvertement que Mercedes, basé à Stuttgart, vole à son secours.

"Ce serait dangereux pour une équipe de créer un précédent en devenant sponsor d'une course car nous ne sommes ni promoteurs ni détenteurs de droits commerciaux", explique à l'AFP Toto Wolff.

"C'est à Liberty Media et aux promoteurs de trouver une solution", assure-t-il.

Petit rayon de soleil dû aux performances de Vettel, à la lutte pour le titre: toutes les places pour dimanche, soit près de 70.000, ont été vendues.

Toutefois, plus de 15.000 Néerlandais sont venus voir leur champion Max Verstappen (Red Bull) et des tarifs réduits très généreux ont été mis en place pour les jeunes.

Mais, même à guichets fermés, l'organisation prévoit de rentrer à peine dans ses frais.

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