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Euro athlétisme: "Il y a de la tristesse et de la frustration", confie Kevin Mayer

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Euro athlétisme: "Il y a de la tristesse et de la frustration", confie Kevin Mayer

Euro athlétisme: "Il y a de la tristesse et de la frustration", confie Kevin Mayer
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"De la tristesse et de la frustration": c'est ce qu'a ressenti le champion du monde français du décathlon Kevin Mayer, qui a abandonné les Championnats d'Europe mardi au bout de deux épreuves après trois essais mordus au saut en longueur.

Q: Comment expliquez-vous cet échec?

R: "J'avais une forme comme jamais j'en avais ressentie. Il n'y a pas de regret mais beaucoup de frustration, et de la tristesse pour mes proches, ceux qui me suivaient et m'attendaient. Ma plus grosse déception c'est pour eux."

Q: Que s'est-il passé dans votre tête au 3e essai?

R: "Il n'y avait rien à changer, juste les marques à reculer. Le vent a augmenté à chaque fois mais je ne le sentais pas. Je n'imaginais pas une seule seconde mordre. Je n'avais pas mordu depuis très longtemps et les statistiques devaient se rééquilibrer un peu. Je ne parle pas de malchance, je mets tout sur moi. Pourtant, je me suis fait trop plaisir à sauter. J'allais loin, c'était génial. Et si on ne regarde que le résultat dans l'athlétisme, on ne se fait plus plaisir. J'aurais pu faire 6,90 m mais ce n'est pas ça le déca, le déca c'est se faire plaisir et s'exprimer à 100% à toutes les épreuves. Et je n'étais pas blessé cette année, je pouvais le faire. Mais malheureusement, cet état de forme est gâché."

Q: Pourquoi n'avez-vous pas assuré au moins un saut?

R: "Est-ce qu'en tant qu'homme, je me serais félicité de faire 6,90 m? Et pourquoi ne pas assurer aussi toutes les autres épreuves? Pourquoi ne pas faire un saut dégueulasse juste pour gagner? Franchement, vous pensez que c'est ça le sport? Pour moi, le sport c'est une expression personnelle. J'ai tellement évolué et appris en faisant du sport que je ne peux me dire ça dans ma tête. Et en quatre ans, je n'ai jamais assuré et je n'ai jamais mordu. Je ne pense pas que le fait de regarder la planche fasse que tu ne mordes pas, au contraire. Tu peux perdre tous tes repères et faire 6,90 m. Et honnêtement, vous pensez que j'étais là pour faire 6,90 m? Je suis le premier déçu, et le premier à me dire que je ne mérite pas mes vacances après."

Q: Votre discours aurait-il été le même si vous n'aviez pas été déjà champion du monde?

R: "J'aurais eu beaucoup plus de pression mais ça n'aurait rien changé à ce qui s'est passé aujourd'hui. C'est sûr que ça a moins d'incidence et je préfère vraiment faire ça maintenant qu'à Doha (aux Mondiaux en 2019, ndlr) ou aux Jeux Olympiques. Mais j'ai trop habitué les gens à croire que le décathlon était facile."

Q: Est-ce que votre décision de ne pas faire de décathlon avant les grands événements peut expliquer cet échec?

R: "J'ai fait 7,63 m à la longueur à Paris (le 30 juin, ndlr). J'étais prêt. Ce n'est pas en faisant un décathlon entier que ça aurait changé."

Q: Vous aviez évoqué la hantise du zéro avant la course...

R: "Cela n'a pas eu d'incidence. Mais il s'avère que c'était vrai: le zéro peut arriver."

Q: Etes-vous tenté d'évacuer votre frustration en faisant un décathlon d'ici la fin de la saison au Décastar de Talence (18 et 19 septembre) ?

R: "Je n'ai pas envie de partir en vacances parce que je ne pense pas les mériter, mais retourner à l'entraînement et s'entraîner jusqu'au Décastar, cela fait vraiment mal au coeur. Je suis dans un combat intérieur."

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