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Euro d'athlétisme: les Ingebrigtsen ou le rêve d'un podium en famille

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Euro d'athlétisme: les Ingebrigtsen ou le rêve d'un podium en famille

Euro d'athlétisme: les Ingebrigtsen ou le rêve d'un podium en famille
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C'est un rêve un peu fou, qui peut se réaliser, et laisse entrevoir un futur de l'athlétisme gouverné par les gènes: la fratrie norvégienne des Ingebrigtsen rêve d'un triplé sur 1500 m messieurs aux Championnats d'Europe d'athlétisme vendredi soir à Berlin.

Jakob Ingebrigtsen est le petit dernier de la fratrie de Stavanger (sud-ouest), à l'évidence le plus doué, multiple champion d'Europe et double médaillé mondial chez les juniors alors qu'il n'a pas encore 18 ans.

Henrik, l'aîné (27 ans), et Filip (25 ans), ont déjà croqué à l'or européen du 1500 m, respectivement en 2012 et 2016. A Amsterdam aux derniers "Europe", ces deux-là avaient d'ailleurs déjà partagé un podium. Mais leur cadet n'avait alors que 15 ans...

Le trio est entraîné par le père, Gjert, qui a commencé avec Henrik sans être préparé à ses nouvelles fonctions, et l'effet boule de neige a produit ses effets.

"C'est beaucoup d'entraînement. Nous travaillons vraiment dur", explique Jakob Ingebrigtsen. Un phénomène, Jakob.

Sa courbe de progression est d'un niveau jamais vu jusqu'à présent pour un athlète de cet âge, même en Afrique de l'Est (Kenya, Ethiopie).

- Gazelles -

Les tests physiologiques qu'il a passés récemment ont stupéfait les médecins. Selon Filip, le patrimoine génétique a été plutôt transmis par la maman, Ingrid.

A trois dans la course, une stratégie d'équipe a évidemment été envisagée. "Mais Filip veut faire sa propre course. Aussi, chacun fera la sienne", prévient Jakob.

Et les trois frangins remettront le couvert dimanche sur 5000 m.

Une saga en chasse d'autres. Les Dibaba, gazelles d'Ethiopie, régentent le demi-fond depuis dix ans, déjà avec Tirunesh, triple championne olympique sur piste, qui s'est reconvertie sur le marathon, et désormais sa soeur cadette Genzebe. Ces deux-là avaient déjà couru sur les traces de Ejegayehu, leur aînée, et de la cousine Derartu Tulu, double championne olympique du 10.000 m (1992 et 2000).

L'histoire norvégienne rappelle aussi celle de la famille belge des Borlée, typée sprint. Les jumeaux trentenaires Kevin et Jonathan Borlée, sur la pente descendante, se contenteraient eux d'une médaille pour deux en finale du 400 m, vendredi soir aussi.

En attendant le relais du mile, dans lequel, avec l'appoint de leur frère cadet Dylan et du champion du monde junior Jonathan Sacoor, également entraîné par Jacques Borlée, père et coach des trois autres, la Belgique vise forcément la 1re place.

- Gènes -

Pour Jacques Borlée, dont l'épouse Edith de Martelaere était une spécialiste du 200 m, la culture du sport de haut niveau a nourri l'aventure.

"Les gènes, c'est 20 %. Tout le reste c'est de la volonté, du travail et de l'organisation", avait martelé en 2010 à l'AFP le papa, né dans l'ex-Congo belge et de nombreuses fois champion national sur toutes les distances du sprint.

Même sa fille Olivia avait été emportée par cette force de l'athlé au sein du clan, décrochant des médailles mondiale et olympique avec le relais 4x100 m.

Les statistiques l'attestent: le sport devient de plus en plus une affaire de famille, en particulier l'athlétisme. Une histoire de culture et de génétique. Avec aussi une raison financière. Il y a huit ans, Jacques Borlée avait en effet averti: "en Belgique, les athlètes sont souvent des enfants d'anciens sportifs et du système."

C'est sur cette pente que le sport s'est engagé et pas seulement en Belgique. Au point que certains imaginent, dans un avenir proche, des écuries familiales. Sur le modèle des chevaux de course, dont la sélection est le premier critère.

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