Assassinat de Jamal Khashoggi : le suspect saoudien arrêté en France a été relâché

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Par euronews  avec afp
La veuve de Jamal Khashoggi devant un portrait de son compagnon assassiné en 2018, lors d'une cérémonie organisée le 1er octobre 2021 à Washington
La veuve de Jamal Khashoggi devant un portrait de son compagnon assassiné en 2018, lors d'une cérémonie organisée le 1er octobre 2021 à Washington   -   Tous droits réservés  NICHOLAS KAMM/AFP

Le Saoudien arrêté mardi en France, qui était soupçonné d'être un membre du commando impliqué dans l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018, n'est pas le suspect recherché par la Turquie et a été libéré, a annoncé mercredi le procureur général de Paris.

L'homme avait été interpellé "sur le fondement d'un mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires turques le 5 novembre 2018 dans le cadre de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi", a précisé Rémy Heitz dans un communiqué.

"Les vérifications approfondies relatives à l'identité de cette personne ont permis d'établir que le mandat ne s'appliquait pas à elle" et "il a été remis en liberté", a-t-il ajouté.

Au moment de son passage au contrôle mardi matin à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Ryad, il avait présenté un passeport au nom de Khaled al-Otaibi et la notice rouge d'Interpol s'était activée, avait expliqué une source proche du dossier.

L'autre Khaled al-Otaibi déjà en prison

Il avait été interpellé par la police aux frontières et placé en rétention judiciaire dans le cadre d'un mandat d'arrêt international émis par la Turquie.

L'ambassade d'Arabie saoudite à Paris a assuré mardi soir que "le citoyen en question n'a aucun lien" avec l'assassinat de Jamal Khashoggi et exigé sa "libération immédiate".

Selon l'AFP, une source appartenant aux services de sécurité saoudiens avait affirmé mardi soir que "le véritable Khaled al-Otaibi et tous les accusés dans cette affaire sont emprisonnés au sein du royaume" saoudien.

L'interpellation du membre présumé du commando responsable de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi intervient trois jours après la rencontre du président français Emmanuel Macron avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Jeddah.

Les retrouvailles avec l'homme fort de Ryad, "MBS", étaient très attendues, trois ans après le choc provoqué par l'assassinat de Jamal Khashoggi à Istanbul.

"Nous avons parlé de tout sans aucun tabou. Et nous avons pu évoquer évidemment la question des droits de l'Homme (...) et cela a été un échange direct", avait déclaré Emmanuel Macron. "Les prochaines semaines et les prochains mois nous permettront de voir si nous avançons sur ce sujet."

Corps non retrouvé

Emmanuel Macron avait justifié sa rencontre avec le prince héritier, l'une des premières pour un dirigeant occidental depuis cette affaire, parce que "le dialogue avec l'Arabie saoudite est une nécessité" en raison de son "poids démographique, économique, historique et religieux".

Jamal Khashoggi, ancien proche du pouvoir saoudien dont il était devenu un féroce détracteur, a été assassiné dans les locaux du consulat de son pays à Istanbul, en octobre 2018, par un commando d'agents venus d'Arabie saoudite. Son corps, démembré, n'a jamais été retrouvé.

Un rapport des services de renseignement américains accuse le prince héritier d'avoir "validé" l'assassinat.

Après avoir nié le meurtre, Riyad avait fini par dire qu'il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls. À l'issue d'un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois à des peines de prison – les peines capitales ont depuis été commuées.