Lufthansa, SNCF : le Covid touche (aussi) pilotes et cheminots, et cela impacte les transports

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Par Olivier Peguy  avec AFP, AP
Archives : Avions de la Lufthansa à l'aéroport de Francfort (le 02/04/2014) / Employé de la SNCF à la gare de Marseille St-Charles, le 17/06/2014
Archives : Avions de la Lufthansa à l'aéroport de Francfort (le 02/04/2014) / Employé de la SNCF à la gare de Marseille St-Charles, le 17/06/2014   -   Tous droits réservés  AP Photo/Michael Probst,file /Claude Paris

La compagnie aérienne allemande Lufthansa a dû annuler plusieurs vols intercontinentaux à l’approche de Noël car trop de pilotes sont tombés malades. 
De son côté, la SNCF est obligée d'annuler des trains régionaux.
Certains s'inquiètent des risques de "désorganisation" causés par l'"absentéisme" lié à l'épidémie.

Lufthansa

La première compagnie allemande Lufthansa a dû annuler plusieurs vols intercontinentaux à l’approche de Noël car trop de pilotes sont tombés malades, a appris jeudi l’AFP.

"Les liaisons transatlantiques vers l’Amérique du Nord vers Boston, Houston et Washington sont principalement affectées du 23 au 26 décembre en raison de l’augmentation du taux de maladie" chez les pilotes, a déclaré ce jeudi un porte-parole de l’entreprise.

Le lien des cas de maladies avec le variant Omicron du coronavirus relève du "spéculatif", car Lufthansa n’est pas informé du type de maladie contractée par ses pilotes, a ajouté cette source.

Le portail en ligne aero.de avait signalé en premier le manque de pilotes disponibles chez la compagnie allemande, qui volent d’ordinaire sur des avions A330 et A340 utilisés sur les longues distances.

"Nous avons de fortes réserves" de personnel navigant, mais "elles ne suffisent plus avec un taux de maladie extrêmement élevé", a précisé le porte-parole de Lufthansa, le cas s’étant "déjà produit par le passé".

Brussels Airlines

Le problème se rencontre également dans la compagnie aérienne belge Brussels Airlines. Elle a été contrainte d'annuler un vol jusqu'à présent.

"Le taux d'absence est plus élevé que la normale. Cette situation est due à une combinaison de maladies, de vaccination avec une dose de rappel, et de quarantaine", explique la porte-parole de Brussels Airlines, Maaike Andries, interrogée par l'agence Belga. "Nous essayons toujours de compenser le manque d'équipage avec les réserves, mais si cela n’est pas possible, nous devons annuler."

SAS

La compagnie aérienne scandinave a indiqué ce mercredi devoir annuler une dizaine de vols mercredi au départ de Stockholm après une trentaine la veille dans le monde, en raison notamment de l'absence de salariés affectés par le Covid-19 ou des recommandations sanitaires.

"Nous avons des employés qui sont malades avec des symptômes ou avec quelqu'un de malade dans leur foyer et qui restent chez eux selon les recommandations actuelles", a précisé à l'AFP Freja Annamatz, cheffe du service de presse de SAS. La grande majorité des vols sont maintenus comme prévu, a-t-elle dit.

"Comme d'autres entreprises, nous enregistrons plus de congés maladies ce qui explique en partie que nous avons dû annuler des vols", a-t-elle ajouté. C'est l'une des périodes de haute saison pour SAS avec 600 vols quotidiens.

SNCF

En France, la SNCF est également confronté à un casse-tête opérationnel face à la nouvelle vague épidémique. Ainsi, la compagnie ferroviaire a-t-elle été obligée d'annuler des trains régionaux. Mais la direction assure que le phénomène reste, pour l'instant, "local et marginal".

"Comme tout employeur, nous sommes confrontés à l'échelle du groupe SNCF (SNCF Voyageurs, SNCF Réseau, SNCF Gares & Connexion) aux effets de cette 5e vague Covid, ni plus ni moins que le reste de la société", a expliqué un porte-parole de SNCF Voyageurs à l'AFP.

"L'évolution de la situation sanitaire (augmentation des cas Covid et des cas contact) peut amener à des adaptations locales de certains de nos plans de transport", soit parce que les cheminots sont indisponibles, soit en raison d'"une moindre fréquentation des voyageurs par exemple du fait du télétravail", a-t-il ajouté.

"Les adaptations des plans de transports que nous pouvons rencontrer du fait du Covid portent uniquement sur des trains régionaux", a précisé le porte-parole, notant que le phénomène était pour l'instant "local et marginal".

En Occitanie notamment, la SNCF a annulé tous les trains jusqu'en janvier sur les lignes Perpignan-Villefranche (Pyrénées-Orientales), Carcassonne-Quillan (Aude) et Nîmes-Le Grau du Roi (Gard).

Des trains sont annulés sur d'autres lignes comme entre Mende et Marjevols (Lozère), Lyon et Grenoble, Bordeaux et Sarlat (Dordogne), Nancy et Longwy (Meurthe-et-Moselle), Evreux et Mantes (Yvelines) ou encore sur des liaisons intérieures à la Normandie.

Omicron, cause d'absentéisme et source de désorganisation ?

Face à l'évolution de la situation, le Conseil scientifique français met en garde contre un risque de "désorganisation" de nombreux secteurs en janvier (supermarchés, transports, hôpital, école...) à cause d'une multiplication des arrêts de travail et de l'"absentéisme".

Il faut s'attendre à "une désorganisation possible d'un certain nombre de services essentiels" en janvier, à cause de "l'absentéisme" et des "arrêts de travail" dus au "très grand nombre de contaminations à Omicron", a averti le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, lors d'un point presse en ligne.

Cela va "poser des problèmes sur les secteurs stratégiques de fonctionnement de notre société: la distribution alimentaire, la sécurité, l'énergie, les transports, les communication et la santé", a poursuivi le Pr Olivier Guérin, autre membre du Conseil scientifique, qui conseille le gouvernement français.

"C'est une question qui va toucher l'ensemble de la société" et "il faut s'attendre à ce qu'en janvier, on fonctionne en mode dégradé", a-t-il jugé, en mentionnant également l'école.