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Le Pays basque, nouvelle zone de transit pour les migrants d'Afrique de l'Ouest

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Par Margaux Racaniere  avec AFP
Un migrant regarde les patrouilles de polices sur le pont Santiago, qui marque la frontière entre l'Espagne et la France
Un migrant regarde les patrouilles de polices sur le pont Santiago, qui marque la frontière entre l'Espagne et la France   -   Tous droits réservés  ANDER GILLENEA/AFP   -  

C'est une scène habituelle en gare d’Hendaye, au bord de la frontière franco-espagnole. Un jeune Ivoirien, Junior, doit présenter ses papiers à la police. Incapable de montrer un visa, il est directement envoyé dans le train retour vers l'Espagne.

Comme lui, près de 13 000 migrants se sont vu refuser l'entrée dans les Pyrénées-Atlantiques en 2021, d'après les chiffres de la préfecture. C’est deux fois plus qu’en 2020.

Mais il en faut plus pour décourager le jeune homme, qui a déjà bravé l'océan Atlantique pour atteindre l'Espagne. Il arrivera en France coûte que coûte. "Je vais réessayer. La prochaine fois je suis sûr que ça sera la bonne" affirme-t-il avec espoir.

Un passage dangereux entre Irun et Hendaye

Pour les associations et les élus locaux, l'augmentation des contrôles pousse les migrants à prendre toujours plus de risques. En octobre, trois Algériens sont morts percutés par un train à quelques kilomètres de là. Et trois autres migrants se sont noyés l'an dernier. Ils tentaient de traverser à la nage la Bidassoa, le fleuve qui marque la frontière.

Sur le pont Santiago, qui franchit cette rivière entre Irun et Hendaye, la police française contrôle périodiquement les véhicules. Le pont piéton parallèle est fermé par deux barrières grillagées de trois mètres de haut.

Du côté français du fleuve, les effectifs de police ont doublé depuis le rétablissement des contrôles aux frontières en 2015. Près d'un tiers des points de passage entre l'Espagne et la France sont actuellement fermés, officiellement en raison de la pandémie.

Des contrôles "racistes" pour le gouvernement basque

Mais "la réalité, c'est que les contrôles sont exclusivement menés sur des personnes noires", dénonce Xabier Legarreta, membre du gouvernement régional du Pays basque espagnol. Des accusations également relayées par plusieurs ONG, dont Amnesty international, la Cimade ou l'Anafé.

Iker Barbero, professeur de droit à l'université de Bilbao dénonce quant à lui des contrôles policiers durant lesquels "Les migrants ne sont pas informés de leurs droits" et des mineurs isolés sont renvoyés alors qu'ils "devraient bénéficier d'une protection".

Ces accusations sont rejetées par le sous-préfet des Pyrénées-Atlantiques, Théophile de Lassus, qui affirme que les migrants "qui ont fait le choix de rentrer sans demander un visa ou un titre de séjour sont appelés à faire demi-tour" et que tout est fait dans les règles.

A Irun, côté pays Basque, un centre d'accueil géré par la Croix-Rouge héberge et nourrit les migrants qui en ont besoin. Mais s'ils restent bloqués plus d'un an en Espagne, ils cessent d'être considérés "en transition" et sont de nouveau livrés à eux-mêmes.