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Législatives au Portugal : la fin de campagne avec socialistes et centre droit au coude-à-coude

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Par Euronews  avec AFP
Le Premier ministre sortant du Portugal en campagne, le 28 janvier 2022, Lisbonne, Portugal
Le Premier ministre sortant du Portugal en campagne, le 28 janvier 2022, Lisbonne, Portugal   -   Tous droits réservés  Armando Franca/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved   -  

**La campagne électorale pour les législatives anticipées de dimanche au Portugal s'est terminée vendredi dans une totale incertitude, les socialistes du Premier ministre sortant Antonio Costa, longtemps favoris des sondages, se retrouvant au coude-à-coude avec l'opposition de centre-droit.
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L'avantage de 13 points dont disposait M. Costa début novembre, quand le rejet du budget 2022 par ses anciens alliés de la gauche radicale a provoqué la dissolution du Parlement sortant, s'est réduit comme peau de chagrin.

D'après derniers sondages publiés avant la "journée de réflexion" qui sera observée samedi, le Parti socialiste (PS) devrait l'emporter avec 35 ou 36% des intentions de vote, contre 33% pour le Parti social-démocrate (PSD) de Rui Rio, l'ancien maire de Porto.

L'écart est trop étroit pour permettre aux sondeurs de prévoir lequel des deux l'emportera. "Les deux scénarios sont possibles", confirme à l'AFP la politologue Marina Costa Lobo, de l'Institut des sciences sociales de l'Université de Lisbonne.

Dans l'espoir de gagner un avantage décisif, les principaux candidats ont tous les deux joué la carte du vote utile.

"Il n'y en a que deux qui peuvent gagner: soit c'est le PS et nous continuerons d'avancer, soit c'est le PSD et nous reviendrons en arrière", a lancé M. Costa, qui n'a cessé de promettre de "tourner la page la pandémie", après avoir "tourné" celle de l'austérité après son arrivée au pouvoir, en 2015.

Poussée de l'extrême droite

"Tous ceux qui ne veulent pas qu'Antonio Costa continue comme Premier ministre n'ont qu'un seul vote utile: le PSD, le seul parti capable de battre le PS", lui a fait écho M. Rio.

Derrière les deux partis qui ont dirigé le Portugal depuis l'avènement de la démocratie en 1974, les sondages font apparaître quatre formations à quasi-égalité, avec 5 à 6% des intentions de vote.

A l'extrême droite et à droite, les populistes de Chega et les libéraux devraient tous deux fortement progresser, après leur entrée au Parlement en 2019 avec un seul député.

Du côté de la gauche radicale, les anciens alliés du Parti socialiste - le Bloc de gauche et la coalition communistes-verts - risquent d'être pénalisés par leur rejet du projet de budget pour 2022, qui a précipité la convocation de ce scrutin anticipé.

M. Costa avait lancé sa campagne en fustigeant "l'irresponsabilité" de ces formations pour avoir provoqué une crise politique alors que le pays se préparait à émerger de la crise sanitaire grâce à l'arrivée des fonds européens du plan de relance post-Covid.

"Pas peur de voter"

Il avait alors écarté l'hypothèse d'une nouvelle union de la gauche mais, devant des sondages de moins en moins favorables, il a ensuite changé de discours en se disant prêt à discuter avec tous les partis sauf l'extrême droite.

Fidèle à sa ligne centriste, le chef de l'opposition s'est, pour sa part, toujours montré disposé à négocier avec Antonio Costa des conditions qui permettraient au gagnant, quel qu'il soit, de former un gouvernement minoritaire sans s'appuyer sur les partis radicaux.

M. Rio a ajouté qu'il refuserait de diriger une coalition comprenant l'extrême droite de Chega, mais n'a pas totalement exclu de gouverner grâce à son soutien informel au sein d'un Parlement qui pourrait basculer à droite.

L'autre grande question du scrutin de dimanche concerne le niveau de participation des électeurs car le pays connaît, comme beaucoup d'autres, une explosion des contaminations provoquée par le variant Omicron.

Mais le Portugal affiche le taux de couverture vaccinale le plus élevé d'Europe et la situation dans ses hôpitaux reste maîtrisée. Du coup, les électeurs en quarantaine seront autorisés à rompre leur isolement pour aller voter.

"J'espère que les Portugais n'auront pas peur de voter", a déclaré le Premier ministre, qui a déjà voté par anticipation dimanche dernier, comme près de 300.000 de ses compatriotes.