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Ukraine : Macron à Moscou, Scholz à Washington

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
Archives : Emmanuel Macron et Olaf Scholz, le 25 janvier 2022, à Berlin
Archives : Emmanuel Macron et Olaf Scholz, le 25 janvier 2022, à Berlin   -   Tous droits réservés  Tobias Schwarz/AP Photo   -  

Avant son déplacement à Moscou et Kiev, Emmanuel Macron s'est entretenu ce samedi de la crise russo-ukrainienne avec le Premier ministre britannique Boris Johnson et le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, a annoncé l'Elysée.

Ces échanges téléphoniques séparés s'inscrivent "dans un contexte de concertation constante entre alliés au sujet des tensions entre l'Ukraine et la Russie", a indiqué la présidence française.

"Nous n'obtiendrons pas de gestes unilatéraux" de la Russie

Avec M. Stoltenberg, Emmanuel Macron a insisté sur "la nécessité de poursuivre le travail pour trouver par le dialogue un chemin de désescalade, dans l'unité, le plein respect des principes fondamentaux de la sécurité européenne, la souveraineté des Etats et les droits qui en découlent", selon l'Elysée.

"La période récente a confirmé que lorsqu'on décide de ne pas parler, ce qui a été le choix des Européens l'an dernier alors que la chancelière Merkel et moi-même proposions un sommet UE-Russie, on ne peut alors régler aucun conflit. Parce qu'on laisse alors d'autres parler en notre nom et qu'on ne peut pas non plus contribuer à notre sécurité collective", a estimé Emmanuel Macron dans le JDD.

Il tentera d'obtenir des avancées lors de ses rencontres avec les présidents russe Vladimir Poutine lundi à Moscou et ukrainien Volodymyr Zelensky le lendemain à Kiev.

"L'intensité du dialogue que nous avons eu avec la Russie et cette visite à Moscou sont de nature à empêcher" un conflit armé, estime Emmanuel Macron.

"Ensuite, nous discuterons des termes de la désescalade. Il faut être très réaliste. Nous n'obtiendrons pas de gestes unilatéraux mais il est indispensable d'éviter une dégradation de la situation avant de bâtir des mécanismes et des gestes de confiance réciproques", selon lui.

Un appel à Biden avec de rencontrer Vladimir Poutine

Avant de s'envoler pour Moscou, Emmanuel Macron s'est entretenu au téléphone pendant 40 minutes ce dimanche avec le président américain Joe Biden. Un échange qui s'inscrit "dans une logique de coordination", selon la présidence française.

Les deux hommes s'étaient s'était déjà parlés mardi, affirmant mutuellement "leur soutien à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine" et s'engageant à rester "en contact étroit" sur ce dossier, selon la Maison Blanche.

"Ils sont convenus de se reparler prochainement", a précisé dimanche l'Elysée.

Joe Biden accueille par ailleurs le chancelier allemand Olaf Scholz ce lundi, Berlin cherchant à renforcer son influence dans la crise ukrainienne. Il s'agit de la première rencontre entre les deux hommes.

L'Allemagne était restée relativement en retrait ces dernières semaines, manifestant son soutien à l'intégrité territoriale de l'Ukraine tout en tentant de ménager la Russie, qui doit lancer ses livraisons de gaz dans les prochains mois, via le gazoduc Nord Stream II.

À ce sujet, Washington a déjà prévenu qu'en cas d'invasion russe de l'Ukraine, ce gazoduc ne pourrait pas entrer en service.

L'Allemagne se prépare à renforcer sa présence dans les pays baltes

Olaf Scholz a toutefois assuré dimanche que l'Allemagne était prête à envoyer des troupes supplémentaires dans les pays baltes. Berlin dirige une opération de l'OTAN en Lituanie, où 500 soldats allemands sont déployés.

À la question de savoir si l'envoi de renforts pourrait être décidé lors d'une réunion des ministres de la défense de l'OTAN à la mi-février, M. Scholz a répondu : "Nous sommes prêts à prendre une décision".

La ministre de la Défense Christine Lambrecht avait auparavant déclaré que l'Allemagne était prête à renforcer sa présence en Lituanie.

M. Scholz, qui a succédé en décembre à Angela Merkel, a toutefois réitéré le refus de l'Allemagne d'envoyer des armes en Ukraine. "Depuis de nombreuses années, le gouvernement allemand a une ligne de conduite claire : nous ne livrons pas d'armes dans les zones de crise et nous ne livrons pas non plus d'armes létales à l'Ukraine", a-t-il déclaré.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de craintes croissantes que la Russie se prépare à envahir l'Ukraine, l'Occident accusant le président Vladimir Poutine de masser plus de 100 000 soldats à la frontière entre les deux pays.

La Russie nie avoir l'intention d'envahir le pays, mais a exigé de l'Occident que l'Ukraine ne soit jamais autorisée à rejoindre l'OTAN.