Un an après sa mise en service, le TAP, le gazoduc transadriatique, est toujours contesté

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Par Luca Palamara
Un an après sa mise en service, le TAP, le gazoduc transadriatique, est toujours contesté
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Voilà maintenant plus d'un an que le gazoduc transadriatique, surnommé TAP (Trans-Adriatic Pipeline), a été mis en service. Sur 900 km, il relie les côtes italiennes à la frontière greco-turque. Grâce à de corridor gazier sud-européen, le marché du Vieux continent bénéficie de gaz en provenance d'Azerbaïdjan.

L'objectif de ce gazoduc est de diversifier les voies et les sources d'approvisionnement en gaz, alors que l'Europe est très dépendante de la Russie, qui fournit près de 40% des importations.

Mais dans la région italienne des Pouilles, certaines personnes s'interrogent sur l'utilité réelle de cette infrastructure : "Il n'y a pas vraiment de diversification, d'abord parce que le gaz azerbaïdjanais a un coût énorme par rapport à ses concurrents, et ensuite parce que les Russes tiennent une place au sein du consortium Shah Deniz, en mer Caspienne, qui produit ce gaz. Lukoil en est le deuxième actionnaire. Donc, je ne vois pas de diversification réelle", explique Gianluca Maggiore, de l'association écologiste NO-TAP.

"Il y a eu une énorme augmentation du prix du gaz naturel : la situation sur le marché est donc caractérisée par une pénurie et une demande élevée. Dans une telle situation, la disponibilité d'une source d'approvisionnement supplémentaire, à partir d'une voie différente des précédentes, devrait nous mettre dans une position plus forte", estime pour sa part Eligio Lo Cascio, directeur des opérations de TAP en Italie.

L'impact environnemental est énorme. La TAP est actuellement en procès pour avoir pollué l'aquifère avec du chrome hexavalent, extrêmement toxique.
Gianluca Maggiore
association NO-TAP

Les Pouilles sont le tout premier point d'accès du gaz en provenance d'Azerbaïdjan vers l'Europe. Pour certains, il fait de l'Italie la destination privilégiée d'une ressource naturelle précieuse, surtout en cette période de froid hivernal. Mais pour d'autres, il s'agit d'une infrastructure inutile qui apporte plus de mal que de bien.

"L'impact environnemental est énorme, s'indigne Gianluca Maggiore. La TAP est actuellement en procès pour avoir pollué l'aquifère avec du chrome hexavalent, extrêmement toxique. Sous terre, dans cette campagne, il y a d'énormes quantités de béton qui sont entrées en contact avec l'aquifère et, selon les tests effectués par l'agence régionale de l'environnement en 2017, l'aquifère a été testé contaminé par du chrome hexavalent."

La société a préféré ne pas pas faire de commentaire, alors que le procès est toujours en cours, mais elle assure avoir respecté les 66 dispositions exigées par les agences environnementales. "L'usine n'est pas destinée à stocker du gaz, il n'y a pas de processus chimique en jeu, il n'y a pas de déchets de production, qui pourraient être toxiques ou autres. Donc, de ce point de vue, l'impact environnemental est quasi nul, voire nul", affirme Eligio Lo Cascio.

Le gazoduc doit acheminer depuis le Caucase 10 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit environ 2 % de la consommation de l'Union européenne, Grande-Bretagne incluse. L'UE importe chaque année environ 250 milliards de mètres cubes de gaz de l'étranger, soit 70 % de sa consommation.