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Les Suisses disent non à la publicité pour le tabac accessible aux jeunes

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Par Vincent Ménard  & AFP
Les Suisses disent non à la publicité pour le tabac accessible aux jeunes
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Les électeurs suisses, qui défendent habituellement avec ardeur les intérêts économiques de la nation, ont accepté à 57% d'interdire la publicité sur le tabac accessible aux enfants et aux adolescents.

"Le peuple a compris que la santé est plus importante que les intérêts économiques", a déclaré Stefanie de Borba, de La Ligue contre le cancer.

La Suisse paie un lourd tribut au tabagisme avec 9 500 décès par an liés au tabagisme pour une population de 8,6 millions d'habitants.

Mais le pays alpin, où environ une personne sur quatre fume, avait jusqu'à présent une législation très permissive dans le domaine de la publicité sur le tabac, notamment en raison du très fort lobbying des plus grands cigarettiers du monde, qui y ont leur siège.

Sur le plan national, seules les publicités à la radio et à la télévision et celles qui visent spécifiquement des mineurs sont bannies actuellement.

Et même si certains cantons avaient déjà durci leurs règles et qu'une nouvelle loi devait entrer en vigueur en 2023, les groupes de lutte contre le tabagisme ont estimé qu'une action beaucoup plus décisive était nécessaire pour protéger les jeunes et ont lancé une initiative populaire.

Le texte prévoit l'interdiction de toute publicité pour le tabac là où des enfants ou des adolescents peuvent la voir, par exemple dans la presse, sur des affiches ou internet, au cinéma ou lors de manifestations.

Les mêmes règles doivent s'appliquer à la cigarette électronique, mais la publicité qui ne cible que les adultes, par exemple dans les courriels, doit rester admise.

Les opposants, parmi lesquels le gouvernement fédéral et le parlement, avaient estimé que l'initiative allait trop loin, certains élus dénonçant la tendance hygiéniste qui envahit nos sociétés.

"On parle aujourd'hui de la cigarette, on parlera de l'alcool, de la viande. Cela m'énerve de vivre dans une société où on veut cette dictature du politiquement correct où tout doit être réglé", a réagi Philippe Bauer, membre de la chambre haute suisse (parti Libéral-radical).

Ses préoccupations font écho à celles de Philip Morris International (PMI), le numéro un mondial du secteur, qui, comme British American Tobacco et Japan Tobacco, a son siège en Suisse et a contribué à financer la campagne du "non".

Le ministre de la Santé Alain Berset a expliqué que le parlement allait maintenant élaborer une loi de mise en œuvre de l'initiative, qui ne devrait toutefois pas entrer en vigueur cette année.