Brésil : les bénévoles au plus près des besoins des sinistrés de Petopolis

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Par euronews  avec AFP
Brésil : les bénévoles au plus près des besoins des sinistrés de Petopolis
Tous droits réservés  Silvia Izquierdo/Associated Press   -  

A Petropolis, ville brésilienne où plus de 120 personnes sont mortes dans des inondations et glissements de terrain, les dons affluent depuis plusieurs jours. Mais pour ceux qui ont tout perdu, il manque parfois l'essentiel comme des biberons ou des sous-vêtements.

Les pluies torrentielles de mardi ont transformé la pittoresque ville de 300.000 habitants, située à 60 km au nord de Rio de Janeiro, en "scènes de guerre" selon les mots du président Jair Bolsonaro qui a survolé la zone vendredi.

Des équipes de secouristes cherchent sans relâche des dizaines de disparus, emportés par les torrents de boue.

Au milieu de ce paysage de désolation, des bénévoles s'efforcent aussi de prendre soin des survivants ayant tout perdu et de répondre à leurs besoins immédiats, malgré les défis logistiques.

Daniel Vasconcellos, un habitant de 28 ans, a ainsi pris la tête d'une vaste opération de distribution d'aide.

Lorsque cet avocat et son associé, Bernardo da Silva Oliveira, se sont rendu compte que les autorités et les organisations caritatives n'arrivaient pas à fournir à leurs voisins l'aide dont ils avaient besoin, ils se sont retroussé les manches.

Ils ont ainsi transformé en quartier général leurs bureaux, situé à Chacara Flora, un quartier dévasté par la catastrophe.

Devant le bâtiment, une longue chaîne humaine permet d'acheminer rapidement des packs d'eau minérale. A l'intérieur, le sol est couvert de piles de vêtements, de stocks de nourriture, de produits d'hygiène et d'une myriade d'autres produits de première nécessité.

"Lorsque les glissements de terrain ont eu lieu, nous nous sommes précipités, avec beaucoup d'autres personnes, pour aider les gens pris au piège dans la boue et les décombres", raconte Daniel Vasconcellos.

Mais une fois que les secouristes et l'armée sont arrivés, "nous avons vu que les gens avaient besoin d'un autre type d'aide", explique-t-il à l'AFP, d'autant que les dons ont commencé à affluer de tout le Brésil.

"De quoi avez-vous besoin?"

Mais les deux hommes ont rapidement constaté un écart entre ce qui arrivait et ce dont les sinistrés avaient besoin.

"Les centres de dons officiels sont pleins mais, parfois, ces derniers ne parviennent pas aux personnes qui vivent dans les quartiers à flanc de colline et qui attendent sur place que le corps d'un membre de leur famille soit retrouvé", explique M. Vasconcellos, qui connaît le quartier.

Il a tout de suite identifié ce qu'il fallait pour les atteindre : des motos.

"Il y a beaucoup d'endroits où les voitures ne peuvent pas aller, seule une moto peut y aller", confirme Bernardo da Silva Oliveira, 29 ans. "Nous arrivons à grimper jusqu'au sommet de la montagne", explique-t-il.

L'esprit de volontariat des gens est incroyable à voir
Père Moises Fragoso de Sousa
Eglise Santo Antonio de Petropolis

Les deux hommes ont d'abord commencé avec deux motos et utilisé les réseaux sociaux pour faire passer le message et recueillir les dons de leurs familles et amis. L'opération a fait boule de neige.

Au fur et à mesure, ils se sont surtout efforcés de faire correspondre les dons aux besoins des sinistrés.

Au début, l'électricité et l'eau étant coupées, les habitants avaient surtout besoin de bouteilles d'eau. Ils ont désormais besoin de changer de vêtements, de changer les couches de leurs bébés et de se brosser les dents.

"Parfois, les gens reçoivent un don et ils finissent par le jeter", déplore Daniel Vasconcellos. "Nous, nous allons les voir et leur demandons : De quoi avez-vous besoin ?. Si nous n'en avons pas, nous allons le chercher au supermarché."

Les plus gros besoins en ce moment ? Des biberons, du lait et des sous-vêtements, précisent-ils.

Devant l'église Santo Antonio, située face au Morro da Oficina où a eu lieu le glissement de terrain le plus meurtrier, le père Moises Fragoso de Sousa a mis en place une autre opération logistique d'envergure.

Une centaine de bénévoles se relaient pour trier et livrer des dons aux 200 nouveaux sans-abri réfugiés à l'intérieur de l'édifice.

"Nous avons commencé avec une structure très improvisée mais nous nous organisons de mieux en mieux chaque jour", explique le prêtre de 35 ans. "L'esprit de volontariat des gens est incroyable à voir. C'est la plus grande force de travail dans cette tragédie."