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Dans l'Est de l'Ukraine, les violations de cessez-le-feu se multiplient

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Par Euronews  avec AFP
Dans l'Est de l'Ukraine, les violations de cessez-le-feu se multiplient
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Sur ces images tournées samedi, le ministre ukrainien de l'intérieur Denys Monastyrsky rend visite aux soldats dans le Donbass. À moins de 300 mètres se trouve la ligne de front, avec de l'autre côté, les séparatistes pro-russes.

C'est à ce moment là que des tirs de mortiers sont survenus. Opération évacuation pour le ministre ... la scène est filmée par des journalistes de France télévision à Novoluhanske, une localité où l'armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes du Donbass se font face.

Cessez-le-feu voilé plus de 1 500 fois, Kiev annonce deux soldats morts

Voilà huit ans que la région est en état de guerre, avec une hausse drastique des incidents ces derniers jours. L'OSCE a signalé plus de 1500 violations du cessez-le-feu samedi, le nombre le plus élevé cette année pour une seule journée. L'armée ukrainienne a d'ailleurs annoncé deux décès dans ses rangs.

Signe d'inquiétudes croissantes, Berlin et Paris ont appelé samedi leurs ressortissants à quitter l'Ukraine. La compagnie aérienne allemande Lufthansa, et sa filiale autrichienne Austrian Airlines ont annoncé la suspension de leurs vols vers les villes ukrainiennes de Kiev et Odessa à partir de lundi et jusqu'à la fin du mois.

Les séparatistes, qui accusent Kiev de vouloir les attaquer, ont annoncé samedi une "mobilisation générale" des hommes en état de combattre, après avoir ordonné la veille l'évacuation de civils vers la Russie voisine.

Selon les derniers chiffres des séparatistes, plus de 22 000 personnes ont été évacuées en Russie, chiffre faible pour des zones où vivent plusieurs centaines de milliers de personnes.

La région russe de Rostov, frontalière de l'Ukraine, a pour sa part déclaré l'état d'urgence pour faire face à un possible afflux de réfugiés en provenance des zones séparatistes.

Essais de missiles balistiques russes

S'ajoutant à cela, le président Vladimir Poutine a supervisé personnellement samedi des exercices "stratégiques" avec des tirs de missiles "hypersoniques", de nouvelles armes que le chef du Kremlin a précédemment qualifiées "d'invincibles" et pouvant porter des charges nucléaires.

Vladimir Poutine est apparu au côté de son homologue bélarusse Alexandre Loukachenko lors d'une réunion par visioconférence avec ses généraux coordonnant les tirs. Selon le Kremlin, ces derniers se sont déroulés avec succès et ont impliqué des bombardiers Tu-95 et des sous-marins.

Offensive ukrainienne : une scénario sans fondement selon Borrell

Réagissant aux médias russes accusant Kiev de préparer un assaut contre l'enclave rebelle dans les régions du Donetsk et de Lougansk, le chef de la diplomatie européenne a jugé cette hypothèse "sans fondement".

"L'UE ne voit aucun fondement aux allégations provenant des zones non-contrôlées par le gouvernement de Donetsk et de Lougansk sur une possible attaque ukrainienne", a-t-il déclaré.

Face aux exercices militaires russes, le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiy Reznikov, a répété que Kiev n'avait pas l'intention de mener d'offensive, mais qu'il ne laisserait pas les populations civiles et ses troupes être visées par des tirs "sans impunité", dans un message sur Facebook.

Zelensky veut rencontrer Poutine

Emmanuel Macron s'était entretenu samedi avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, qui dit ne pas vouloir "riposter aux provocations le long de la ligne de contact", selon l'Elysée.

Volodymyr Zelensky lui a "confié de dire à Vladimir Poutine la disponibilité de l'Ukraine à dialoguer", a souligné la présidence française.

"Une action militaire russe contre l'Ukraine porterait la guerre au coeur de l'Europe", a martelé un conseiller présidentiel français, en évoquant un risque de conflit "en Ukraine et autour". Il n'y aurait alors "pas d'autre option possible qu'une réaction très forte", a-t-il ajouté.

Le président ukrainien a aussi exhorté les Occidentaux à cesser leur politique "d'apaisement" vis-à-vis de Moscou et à augmenter leur aide militaire à Kiev, "bouclier de l'Europe".

Risque d'offensive russe élevée selon l'OTAN

La Russie peut lancer une attaque sur l'Ukraine "à tout moment", répète de son côté la Maison Blanche.

Le président américain Joe Biden doit participer dimanche à une rare réunion du Conseil de sécurité nationale consacrée à la crise ukrainienne, quelques jours avant un entretien entre son secrétaire d'Etat Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov, jeudi 24 février.

Mais les voyants sont désormais au rouge, avec l'Otan qui estime que "tous les signes indiquent que la Russie prévoit une attaque complète" de l'Ukraine. L'alliance atlantique accuse Moscou de raviver le conflit dans le Donbass pour créer une "fausse justification" afin de lancer une offensive de plus grande ampleur.

De son côté, la Russie conditionne la désescalade à des "garanties" pour sa sécurité, comme le retrait d'Europe de l'Est de l'infrastructure militaire de l'Otan et l'assurance que l'Ukraine n’adhérera jamais à l'Alliance atlantique, des demandes inacceptables pour les Occidentaux.