Réfugiés ukrainiens : "J'ai peur pour ma famille restée en Ukraine"

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Par Raphaele Tavernier
Réfugiés ukrainiens : "J'ai peur pour ma famille restée en Ukraine"
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Ils ont fui la guerre en Ukraine et ont rejoint la Hongrie, la Moldavie, la Slovaquie, la Roumanie ou encore la Bulgarie. Maxim est arrivé à Sofia, mais toute sa famille est restée en Ukraine. Il a encore du mal à comprendre ce qui se passe dans son pays.

"Cette folie qui résulte des décisions d’une seule personne, c’est horrible. Je pense que les gens ont assez de bon sens pour réfléchir et évaluer la situation. Beaucoup d'Ukrainiens se battent pour leur terre parce qu'ils n’ont aucun besoin d’être libérés de quoi que ce soit ; je ne comprends même pas de quoi il s'agit", dit Maxim Dimitrov, réfugié ukrainien en Bulgarie.

Comme Maxim, Tatiana a elle aussi rejoint la Bulgarie, toute seule.

Mon mari est resté en Ukraine. Ma famille et tous mes amis sont restés là-bas. Mon époux est né en Ukraine, il y a ses parents, des proches. Il veut défendre sa terre, son entreprise et tout ce qu’il possède", raconte Tatiana Arnautova.

J'ai peur pour tous les Ukrainiens
Tatiana Arnautova
Réfugiée ukrainienne en Bulgarie

À l’heure actuelle, selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (UNHCR) plus de 116 000 Ukrainiens auraient quitté leur pays. Ce nombre ne cesse d’augmenter. Krassimir Pankovskivit en Bulgarie depuis des années. Depuis le début de la guerre, avec une équipe de volontaires, il se rend à la frontière ukraino-polonaise pour aider les réfugiés ukrainiens.

"Nous nous sommes organisés pour accueillir des personnes en urgence parce qu'ils laissent les femmes et les enfants traverser la frontière à pied là-bas en ce moment. Nous voulons les aider et les emmener en Bulgarie. La situation est telle que l'Ukraine est en feu. Il n'y a personne à qui demander de l'aide. L’Occident semble réagir assez mal. Notre seule option est de nous organiser et d’agir", dit-il.

Malgré l’aide des associations et bien qu’en sécurité en Bulgarie, Tatiana n’arrive pas à être rassurée.

"J'ai peur pour ma famille et pour mes amis. J'ai peur pour tous les Ukrainiens", reconnaît-elle.

Outre la Bulgarie, la Pologne affirme que 100 000 Ukrainiens ont franchi la frontière polonaise depuis jeudi. Neuf centres d'accueil ont été mis en place, pendant que sur le terrain, en Ukraine, les combats continuent.