Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir de la quatrième journée de l'invasion russe

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Par euronews  avec AFP, AP
"STOP A LA GUERRE" - Manifestation contre l'invasion russe en Ukraine, sur la place centrale de Syntagma, à Athènes, le dimanche 27 février 2022.
"STOP A LA GUERRE" - Manifestation contre l'invasion russe en Ukraine, sur la place centrale de Syntagma, à Athènes, le dimanche 27 février 2022.   -   Tous droits réservés  AP Photo

Au quatrième jour de l'invasion militaire russe en Ukraine, Kiev a confirmé ce dimanche des pourparlers avec Moscou à la frontière ukraino-bélarusse tandis que Vladimir Poutine a annoncé mettre en alerte la force de dissuasion nucléaire de l'armée russe.

Voici les informations importantes à retenir ce dimanche sur la guerre en Ukraine :

L'UE annonce de nouvelles sanctions contre la Russie

En fin de journée, l'Union européenne a annoncé une nouvelle salves de sanctions à l'encontre de la Russie. L'UE va, tout d'abord, financer la livraison d'armes à l'Ukraine

"Pour la première fois, l'UE va financer l'achat et la livraison d'armements et d'autres équipements à un pays victime d'une guerre. C'est un tournant historique", a indiqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans une allocution en ligne.

Par ailleurs, les Vingt-Sept vont interdire de diffusion les médias d'Etat russes Russia Today et Sputnik, accusés de "désinformation" et va fermer son espace aérien aux compagnies russes : "Nous proposons d'interdire tous les avions appartenant à des Russes, enregistrés en Russie ou contrôlés par des intérêts russes. Ils ne pourront plus atterrir, décoller ou survoler le territoire de l'UE" a ainsi déclaré Ursula von der Leyen.

Enfin, l'Union a décidé de prendre de nouvelles sanctions contre le Bélarus en interdisant les exportations des "plus importants secteurs économiques" du régime de Minsk, "complice" de l'invasion russe en Ukraine, selon les mots de la présidente de la Commission européenne.

Interrogé par Euronews, Ursula von der Leyen a estimé "Les Ukrainiens font partie de nous. Ils sont l'un d'entre nous et nous voulons qu'ils nous rejoignent [au sein de l'UE]."

Entretien exclusif avec Ursula von der Leyen, présidente de la commission européenne

Entretien exclusif avec Ursula von der Leyen, présidente de la commission européenne alors que l'UE vient d'annoncer de nouvelles sanctions contre la Russie. Suivez notre direct → https://bit.ly/33ZwUfi

Posted by Euronews en français on Sunday, February 27, 2022

La veille, les Occidentaux ont exclu des banques russes de la plateforme interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale, une décision à laquelle s'est associé dimanche le Japon.

Ils ont aussi promis davantage d'armes à l'Ukraine, l'Allemagne notamment rompant avec sa politique traditionnelle de refus d'exporter des armes létales en zone de conflit.

Dimanche, les Etats-Unis et l'Italie ont annoncé des aides humanitaires.

Et les Occidentaux se réservent "le droit d'imposer" de nouvelles sanctions à Moscou, a averti le chancelier allemand Olaf Scholz tout en se disant toujours ouvert à des discussions. "Le monde d'après ne sera plus le même que le monde d'avant", a-t-il insisté.

Poutine brandit "la force de dissuasion" nucléaire

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mettre en alerte la "force de dissuasion" de l'armée russe, qui peut comprendre une composante nucléaire.

"J'ordonne au ministre de la Défense et au chef d'état-major de mettre les forces de dissuasion de l'armée russe en régime spécial d'alerte au combat", a déclaré M. Poutine lors d'un entretien avec ses chefs militaires retransmis à la télévision.

Les forces de dissuasion russes sont un ensemble d'unités dont le but est de décourager une attaque contre la Russie, "y compris en cas de guerre impliquant l'utilisation d'armes nucléaires", selon le ministère de la Défense.

Les réactions à la menace de Moscou

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a assuré que son pays ne "capitulera pas" face à Moscou, dénonçant la mise en alerte des forces de dissuasion nucléaires russes comme une tentative de "pression".

Selon lui, la décision de Vladimir Poutine de placer les forces de dissuasion nucléaire russes en état d'alerte dimanche est "une tentative de faire monter les enchères et mettre la pression sur la délégation ukrainienne".

AP
Le président russe Vladimir PoutineAP

Vladimir Poutine "fabrique des menaces qui n'existent pas", a réagi la Maison Blanche et a dénoncé une escalade "inacceptable".

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a dénoncé la conduite "irresponsable" de Moscou. "C'est une rhétorique dangereuse. C'est une conduite qui est irresponsable", a déclaré Jens Stoltenberg sur la chaîne.

Pourparlers en vue en Kiev et Moscou

La présidence de l'Ukraine a indiqué avoir accepté des pourparlers avec la Russie à la frontière avec le Bélarus, près de Tchernobyl, une décision faisant suite à une médiation du président bélarusse Alexandre Loukachenko.

Le Kremlin avait auparavant dit être prêt à négocier avec l'Ukraine, proposant comme lieu de rencontre Gomel au Bélarus, mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait refusé ce lieu, ce pays servant de base arrière à l'invasion de l'Ukraine.

Quand et où auront lieu les pourparlers ?

La présidence ukrainienne n'a pas précisé la date de ces pourparlers, mais la Russie a indiqué qu'ils auraient lieu dimanche. Selon Vladimir Poutine, une délégation russe est déjà présente à Gomel.

Selon Kiev, la rencontre aura lieu sans "condition préalable" à la frontière ukraino-bélarusse, "dans la région de la rivière Pripiat", près de Tchernobyl.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a prévenu que son pays ne "capitulera pas" face à Moscou.

Combats à Kharkiv et à Kiev

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué que la nuit de samedi à dimanche avait été "dure" en Ukraine, au quatrième jour de l'invasion de l'Ukraine par Moscou, des bombardements russes ayant visé selon lui des zones habitées.

La deuxième ville d'Ukraine, Kharkiv (nord-est), est sous le contrôle des forces ukrainiennes, a indiqué dimanche le gouverneur régional Oleg Sinegoubov, quelques heures après avoir annoncé une percée de l'armée russe et des combats de rue.

La bataille pour le contrôle de Kiev se poursuit par ailleurs. Les sirènes d'alarme anti-aériennes ont retenti dans la nuit, mais la situation était calme au matin.

A une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Kiev, des combats se poursuivent aussi pour le contrôle de la base aérienne de Vassylkiv, empêchant les pompiers d'intervenir pour éteindre l'important incendie d'un dépôt de pétrole frappé dans la nuit par un missile russe près de cette ville, selon les autorités locales.

Près de 370 000 réfugiés ukrainiens

Quelque 368 000 réfugiés ont fui les combats en Ukraine depuis le déclenchement de l'invasion russe jeudi, dont plus de la moitié sont entrés en Pologne, et leur nombre "continue à augmenter", ont indiqué dimanche les Nations unies et les autorités polonaises.

AP
Des réfugiés ukrainiens traversent la frontière polonaise.AP

A Berlin, au moins 100 000 personnes ont manifesté en solidarité avec l'Ukraine.