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Vivre la guerre, sans l'entendre : l'angoisse des sourds d'Ukraine, réfugiés en Roumanie

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Par CLAUDIU POPA
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un centre roumain accueille des réfugiés ukrainiens sourds
un centre roumain accueille des réfugiés ukrainiens sourds   -   Tous droits réservés  Claudiu Popa

 "Nous réfléchissons à la manière de rendre la communication plus facile, explique Daniel Hliban, président de l'Association nationale des sourds de Botoșani. Par exemple, ici en Roumanie, nous avons A, B, C, D... mais en Ukraine, comment faire A, B, C, D ?"

En Roumanie, ce centre accueille des ukrainiens sourds. Pour eux, le danger est arrivé sans prévenir, sans sirènes, sans le bruit des explosions.

Et si le langage des signes peut sembler universel, la communication n'est pas facile entre deux alphabets cyrillique et latin.

Les volontaires échangent péniblement avec une jeune femme, Tamara : " Est-ce que tu parles anglais ? C'est mieux que tu écrives ton nom, non ?"

Tamara a quitté l'Ukraine après les premiers bombardements. A la douane de Siret, elle a rencontré les volontaires et elle s'est réfugiée à Botosani. Elle n'avait aucune idée de la distance à parcourir pour fuir la guerre. Elle rêve d'atteindre Prague.

"La plupart d'entre eux ne veulent pas rester près des frontières, confirme Daniel Hliban, ils se sentent trop proches de la zone de conflit et ils ont peur. Nous ne savons pas ce que nous devons ressentir. Mais nous ne partons pas, nous restons ici."

Les volontaires hébergent 13 réfugiés sourds, dont des enfants. Ils les ont inscrits dans un registre, comme ils le font avec toutes les personnes qui franchissent leur seuil du foyer. Jour et nuit, les bénévoles ont trouvé des abris pour les réfugiés : dans des hôtels, dans des appartements, partout où c'est possible. Près d'un millier d'Ukrainiens malentendants sont soutenus par l'Association nationale des sourds de Roumanie.

"Un nouveau-né de dix jours est arrivé à la frontière, s'exclame Daniel Hliban. Onze jours, en fait, en considérant aujourd'hui. Et il n'a même pas de certificat de naissance."

La guerre a changé la vie de près de trois millions de personnes handicapées vivant en Ukraine, selon l'ONU. Et avec leurs signes, et dans un silence poignant, voilà ils ce qu'ils nous disent :

"S'il vous plaît, arrêtez la guerre." "Nous voulons la paix." "Nous voulons rentrer chez nous en Ukraine."