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La situation en Ukraine au 54e jour de guerre, cartes à l'appui

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Par Oleksandra Vakulina  avec AFP
Sasha Vakulina, journaliste à Euronews, faisant un point sur la situation en Ukraine lundi 18 avril 2022.
Sasha Vakulina, journaliste à Euronews, faisant un point sur la situation en Ukraine lundi 18 avril 2022.   -   Tous droits réservés  Capture d'écran Euronews   -  

Au moins sept personnes ont été tuées dans des frappes russes lundi sur Lviv dans l'ouest de l'Ukraine, alors que le président ukrainien a appelé son pays à ne rien lâcher au 54e jour de l'invasion russe, refusant de céder la cité portuaire martyre de Marioupol.

"Sabotez les ordres des occupants. Ne coopérez pas avec eux (...). Vous devez tenir bon", a martelé Volodymyr Zelensky. L'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW) estime pour sa part que le port de Marioupol a "probablement été pris" samedi par les Russes "malgré les dénégations de l'état-major ukrainien".

Voici un point de la situation, à partir d'éléments des journalistes de l'AFP sur place et de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

Le Sud

Les derniers défenseurs ukrainiens de Marioupol tiennent toujours des secteurs de la ville et ont refusé l'ultimatum lancé par les Russes qui expirait dimanche à la mi-journée.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a accusé l'armée russe de vouloir "raser la ville à tout prix". Selon lui, "ce qui reste de l'armée ukrainienne et un grand groupe de civils sont encerclés par les forces russes".

Photo : AP (Satellite image ©2022 Maxar Technologies)
Cette image satellite fournie par Maxar Technologies montre une vue d'ensemble de l'usine d'Azovstal dans l'est de Marioupol, en Ukraine, samedi 9 avril 2022.Photo : AP (Satellite image ©2022 Maxar Technologies)

Selon l'ISW, "des groupes d'Ukrainiens isolés restent probablement actifs hors de l'usine d'Azovstal", principale poche de résistance, mais ne tiendront plus que quelques jours, probablement au terme d'un déluge de feu qui évite au Kremlin des pertes trop importantes. "Les assauts finaux coûteront cher" aux forces russes, assure l'institut.

La ville est soumise à des bombardements incessants depuis le début de l'offensive russe le 24 février. Sa chute permettrait aux Russes de consolider leurs gains territoriaux côtiers le long de la mer d'Azov en reliant la région du Donbass, en partie contrôlée par leurs partisans, à la Crimée que Moscou a annexée en 2014.

L'Est

Les soldats russes "veulent littéralement achever et détruire le Donbass", a déclaré le président Zelensky dans un message-vidéo.

De fait, le ministère russe de la Défense a assuré dimanche que "des missiles de haute précision avaient détruit des entrepôts de carburant et de munitions" à Barvinkove (région d'Izioum) et Dobropillia (non loin de Donetsk).

Le bombardement de la région de Lougansk"se poursuit", a dans le même temps déploré son gouverneur ukrainien. A Zolote, "ils ont délibérément visé un immeuble de cinq étages", faisant selon lui deux morts et cinq blessés.

Selon l'ISW pourtant, les Russes continuent d'amasser des troupes le long de l'axe d'Izioum en faisant notamment appel à des conscrits. Comme en mars autour de Kyiv, ils "font face à d'importants problèmes de moral et de ravitaillement et il semble improbable qu'ils aient l'intention, ou la capacité, de conduire une offensive majeure dans les prochains jours".

L'Ouest

Au moins sept personnes ont été tuées et onze autres blessées dans des frappes russes lundi sur Lviv, jusqu'à présent relativement épargnée. Plusieurs missiles ont été tirés depuis la Caspienne dont certains sur des infrastructures militaires.

Photo : Mykola Tys (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)
Des pompiers s'efforcent d'éteindre un incendie après qu'une frappe aérienne a touché un magasin de pneus à Lviv, en Ukraine, lundi 18 avril 2022.Photo : Mykola Tys (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Proche de la frontière polonaise, Lviv s'est convertie en ville-refuge pour les personnes déplacées et a accueilli au début de la guerre plusieurs ambassades occidentales transférées à partir de Kyiv.

Quel est le bilan humain ?

Aucun bilan global récent des victimes n'est disponible mais il est à l'évidence très lourd. Rien qu'à Marioupol, Kyiv parle de 20 000 morts. Selon le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial David Beasley, plus de 100 000 personnes y sont au bord de la famine, manquant également d'eau et de sources de chauffage.

Aucun couloir humanitaire ne sera mis en place lundi pour l'évacuation des civils des zones de combats dans tout le pays, ont annoncé les autorités ukrainiennes pour le deuxième jour consécutif, accusant la Russie de bombarder des convois.

Sur le plan militaire, le président Volodymyr Zelensky a déclaré vendredi qu'environ 2 500 à 3 000 soldats ukrainiens avaient été tués depuis le début du conflit et quelque 10 000 autres blessés.

Le Kremlin a récemment admis de son côté des "pertes importantes". Le 25 mars, il avait reconnu la mort de 1 351 soldats pour 8 825 blessés. Certaines sources occidentales vont jusqu'à 12 000 morts.

Tous ces chiffres sont à prendre avec prudence.

Combien de réfugiés et de déplacés ?

Plus de cinq millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe, selon les chiffres du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) lundi. L'Europe n'a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Deuxième Guerre mondiale.

L'ONU estime aussi à 7,1 millions le nombre des déplacés à l'intérieur de ce pays.

Au total, ce sont donc presque 12 millions de personnes, soit plus d'un quart de la population, qui ont dû quitter leur foyer soit en traversant la frontière, soit en trouvant refuge ailleurs en Ukraine.