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Les forces ukrainiennes se retirent de la ville stratégique de Severodonetsk

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Par Euronews  avec AFP
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Photo AFP
Photo AFP   -   Tous droits réservés  ANATOLII STEPANOV/AFP

Les derniers civils ont évacué ce vendredi la ville de Lyssytchansk, dernier bastion tenu par les forces ukrainiennes dans la région de Louhansk. Après des semaines de combats acharnés contre l’avancée russe, les soldats se sont également retirés de la ville voisine de Severodonetsk, ne laissant derrière eux que des ruines.

Selon un gouverneur régional, les combattants ont reçu l’ordre de battre en retraite vers des positions protégées du feu ennemi, pour mieux combattre "à grande échelle et infliger des pertes à l’ennemi", selon ses mots.

Battre en retraite, pour éviter l’encerclement complet par les troupes russes et son artillerie qui pilonne les positions ukrainiennes depuis des mois. Bombardée par les forces russes depuis des semaines, Severodonetsk est une étape crucialedans leur plan de conquête de l'intégralité du Donbass, un bassin industriel de l'est de l'Ukraine déjà en partie tenu par des séparatistes prorusses depuis 2014.

Ces derniers jours, les forces du Kremlin et leurs alliés ont conquis plusieurs villages environnant la ville, qui comptait plus de 100 000 habitants avant l’invasion.

"Victoire pour la propagande russe"

Ce vendredi, des séparatistes ont publié une vidéo montrant la levée de leurs couleurs et de celles de la Russie à Hirksee, au sud de Lyssytchansk.

Plusieurs analystes militaires estiment que le revers subis par Kiev ne constitue pas un tournant de la guerre, tout en reconnaissant que la propagande du Kremlin s’en trouve renforcée. "Les unités ukrainiennes sont épuisées, exsangues. Elles ont eu des pertes terribles avec des bataillons complètement neutralisés", explique un haut gradé français sous couvert de l'anonymat, évoquant des unités de 300 ou 400 hommes dont il n'est resté qu'une vingtaine de valides.

"Ceux qui arrivent en renfort savent qu'ils vont en enfer. Peut-être assiste-t-on à une phase de bascule sur l'usure morale", ajoute-t-il, en référence à l'euphorie des premières semaines lors desquelles les Ukrainiens avaient bloqué l'avancée russe et forcé Moscou à se concentrer sur l'est du pays. 

C'est une "victoire pour la propagande russe", relève un analyste de la société privée britannique de sécurité Janes. Mais il tempère son impact stratégique: "Severodonetsk n'est pas un pivot (...). Les forces russes avaient enregistré des gains ailleurs ces quatre derniers jours". 

Les Ukrainiens, qui n'ont pas renoncé à la ville jumelle de Lyssytchansk, n'ont pas de raison d'anticiper une percée russe. "La vision globale - une guerre lente de positions retranchées - n'a guère changé", résume Ivan Klyszcz, chercheur à l'université estonienne de Tartu. "On ne peut pas s'attendre à une percée russe massive. Le retrait était probablement prévu auparavant et peut être considéré comme tactique", affirme-t-il, soulignant que la résistance ukrainienne a permis à Kiev de consolider ses arrières.