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7 ans après les attentats de 2015, ce qui a changé dans la lutte anti-terroriste

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Par Cyril Fourneris  & Jade Lévin
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Militaires de la mission Vigipirate en train de patrouiller près de la Basilique du Sacré-Cœur à Paris, le 07/05/2020 - Archives
Militaires de la mission Vigipirate en train de patrouiller près de la Basilique du Sacré-Cœur à Paris, le 07/05/2020 - Archives   -   Tous droits réservés  Francois Mori/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved

Près de sept ans après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, la lutte antiterroriste ne faiblit pas en France, où des attaques revendiquées par des djihadistes ont tué plus de 260 personnes et fait près de 1200 blessés depuis 2014.

Comme ailleurs en Europe, le nombre d'attaques a nettement reculé l'an dernier. Mais la France reste en niveau de sécurité renforcée. 

L'actuelle posture Vigipirate, établie par le ministère de l'Intérieur, est active depuis le 19 juin 2021 et maintient l’ensemble du territoire national au niveau "sécurité renforcée – risque attentat".

7000 soldats sont toujours déployés autour des points jugés sensibles du pays, dans le cadre de l’Opération Sentinelle.

Rodrigue est maréchal des logis. "On est là pour protéger la population, la rassurer, explique-t-il. Pour cela on patrouille et on essaie de les rassurer et de dissuader le terrorisme. On s’adapte à toute circonstance. Le militaire s’adapte tout le long de sa mission et s’entraîne tout le long de sa mission."

Efforts dans le renseignement

L'autre priorité de la France a été de muscler son renseignement. Ces dernières années, environ 1 000 nouveaux postes ont été affectés à la lutte antiterroriste.

Alors que la défaite territoriale de Daech a réduit ses capacités d’attaques depuis l’extérieur, le défi est désormais de détecter de potentiels assaillants solitaires.

Jean-Louis Bruguière est un ancien juge antiterroriste. _"_Un individu qui se radicalise le soir, qui prend un couteau et qui va dans la rue, il est sous les radars, commente-t-il. Malheureusement, c’est quelque chose de très compliqué, sauf si on a un élément. D’où l’ensemble de ces dispositifs qu’on a mis en place en France pour tenter de détecter les passages à l’acte et les changements de comportements. Par exemple des individus qui sans être des terroristes vont changer leurs comportements… D’un coup ils ne serrent plus la main aux femmes, leurs tenues vestimentaires, ils s’isolent… Tout ça ce sont des signaux faibles."

Pour identifier ce que cet expert appelle des "signaux faibles", la France a également créé un service du renseignement dédié à la radicalisation en prison.

Lois sur la sécurité

Driss Aït Youssef est docteur en droit, spécialiste des questions de sécurité. "Vous avez également ces individus qui vont sortir de prison, dit-il. Vous avez deux types de détenus. Vous avez ces détenus condamnés pour terrorisme, il y en a entre 450 et 500. Et puis il y a 700 détenus de droit commun qui sont radicalisés. Ceux-là, il faut pouvoir mettre en place une surveillance pour ce qui les concerne. C’est là que les services de renseignements prennent le relais mais sur la prévention qu’il va falloir axer ce travail."

Les autorités françaises affirment avoir déjoué une soixantaine d'attentats depuis 2015.

C'est aussi le résultat de plusieurs lois sur la sécurité et deux années d’État d'urgence entre 2015 et 2017. Des mesures critiquées, pour leurs entraves aux libertés.

A l’échelle européenne, la coopération s’est aussi renforcée, avec la création de Frontex, ou encore du "Passenger Name Record" en 2016.