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Turquie : pourquoi les médecins turcs quittent-ils leur pays ?

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Par euronews  avec AP
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Les médecins turcs protestent contre leurs conditions de travail et dénoncent aussi leurs salaires non indexés sur l’inflation
Les médecins turcs protestent contre leurs conditions de travail et dénoncent aussi leurs salaires non indexés sur l’inflation   -   Tous droits réservés  AP

Ils sont médecins, dentistes, chirurgiens et manifestent leur désarroi. En Turquie le secteur médical est en crise et fait face à une fuite des cerveaux grandissante. 

L'Association médicale turque tire la sonnette d'alarme : plus de 1 000 docteurs ont quitté le pays cette année dans l'espoir d'avoir un meilleur niveau de vie.

"Parmi mes amis, près d'un médecin sur quatre suit des cours de langue. La plupart d'entre eux étudient l'allemand. Ils terminent leur internat ici et partent en Allemagne en tant que médecins spécialistes. Il y a une très grave fuite des cerveaux, une très grave fuite de la main-d'œuvre, mais je ne juge pas mes amis, car le métier n'a pas vraiment de valeur ici", explique Tahsin Cinar, médecin anesthésiste.

Quelle est la raison de la fuite des cerveaux ?

Un médecin en Turquie gagne en moyenne entre 760 et 1070 euros par mois, un peu plus du double du salaire minimum. Une somme jugée insuffisante face à l'inflation galopante comme l'explique Enes Ozkan, économiste et chercheur à l'Université d'Istanbul :

"On peut dire que l'inflation est directement liée à la fuite des cerveaux. Bien sûr, avant de se concentrer sur l'inflation, il faut davantage réfléchir aux causes de l'inflation. Les choses qui créent l'inflation sont en fait la mauvaise politique économique de la Turquie."

Une inflation inarrêtable

L'inflation a frôlé les 80% en juin en Turquie, au plus haut depuis 1998, malgré les promesses répétées du président turc Recep Tayyip Erdogan de contenir la hausse des prix, à moins de douze mois d'une élection présidentielle annoncée comme serrée.

Elle n'avait jamais atteint de tels niveaux depuis l'arrivée au pouvoir en 2003 du président Erdogan, qui jouera sa réélection en juin 2023.

L'inflation est un sujet brûlant en Turquie, les hausses de prix rognant semaine après semaine le pouvoir d'achat des ménages.