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Adhésion à l'UE : pour beaucoup de Macédoniens, les exigences de la Bulgarie ne passent pas

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Par Stephane Hamalian  & YULIYAN STOYANOV
Manifestants nord-macédoniens à Skopje, contre la proposition française devant ouvrir les négociations d'adhésion à l'UE
Manifestants nord-macédoniens à Skopje, contre la proposition française devant ouvrir les négociations d'adhésion à l'UE   -   Tous droits réservés  Boris Grdanoski/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved   -  

La Macédoine du nord parviendra-t-elle enfin à lancer son processus d'adhésion à l'Union européenne ? Depuis 2020, la Bulgarie opposait son véto pour des questions identitaires et historiques. Mais Bruxelles a récemment fait des propositions pour que Sofia lève son véto, impliquant des concessions jugées inacceptables par certains manifestants, qui protestent par centaines depuis plusieurs jours devant le parlement à Skopje.

Concrètement, une proposition qui émane de la France, vise à inclure les Bulgares comme un groupe ethnique reconnu dans la Constitution de la Macédoine du Nord. Sofia a d'ores et déjà accepté ce compromis le 24 juin.

Un statut à la minorité bulgare ?

Le gouvernement de Skopje se dit prêt à accepter ces concessions pour lancer le processus d'adhésion, mais les manifestants sont totalement contre et refusent de céder sur leur identité.

"Moi je suis macédonien, un pur Macédonien ! Tu as une identité, j'ai la mienne" a lancé un protestataire, Goran, lors d'une manifestation ce mercredi à notre journaliste d'Euronews Bulgarie.

"Il y a des Macédoniens en Bulgarie dans les villes de Petritz, Sandanski, Blagoevgrad, Pirin. Regarde le nombre de Macédoniens qu'il y a, mais eux, ils n'ont pas d'existence officielle" dénonce-t-il.

Selon ce compromis préparé sous la présidence française de l'UE qui vient de s'achever, Skopje doit aussi "mettre en oeuvre" un traité d'amitié de 2017 visant à éradiquer les discours de haine, revoir ses programmes scolaires et ouvrir les archives de la police communiste censées montrer le mauvais traitement réservé aux Bulgares dans cette ex-république yougoslave.

D'après notre journaliste Yuliyan Stoyanov, envoyé spécial, les manifestants "en ont assez" de faire des concessions sur leur culture et leur histoire, le pays ayant déjà dû changer de nom en 2019 pour céder aux exigences d'Athènes qui estime que la Macédoine fait référence à une région du nord de la Grèce ; ce changement de nom, qui a profondément divisé la société, a permis au pays de mettre fin au véto grec pour l'entrée dans l'OTAN.

La Macédoine du nord attend depuis 17 ans d'entamer ses négociations d'adhésion l'UE, une situation qui a aussi pour effet de bloquer également la candidature de l'Albanie (liée à celle de Skopje).

La question de la langue

La question de la langue reste également très sensible, Sofia considérant le macédonien comme un dialecte bulgare, tandis que les deux pays se disputent des événements et des figures historiques.

Le gouvernement de Skopje, dont les manifestants ont réclamé la démission, avait rejeté une précédente proposition française en juin, avant d'indiquer qu'il était disposé à en accepter une autre.

Des consultations publiques sur son contenu avaient débuté sans tarder. Or, selon des spécialistes locaux des dossiers européens et selon l'opposition, le nouveau projet d'accord ne diffère pas beaucoup du premier.