Ukraine : 136e jour de guerre, les bombardements russes se poursuivent

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Par euronews  avec AFP
Des véhicules blindés britanniques arrivent dans le Donbass, en Ukraine, le 9 juillet 2022.
Des véhicules blindés britanniques arrivent dans le Donbass, en Ukraine, le 9 juillet 2022.   -   Tous droits réservés  MIGUEL MEDINA / AFP

L'armée russe a poursuivi samedi ses bombardements dans la région de Donetsk, dans l'Est de l'Ukraine, et prépare, après quatre mois et demi de guerre, "de nouvelles actions", selon des responsables ukrainiens.

Les Etats-Unis, qui continuent d'augmenter leur aide militaire à Kyiv, ont demandé à la Chine de condamner "l'agression russe" en Ukraine et le Royaume-Uni accueille un premier groupe de soldats ukrainiens venus s'entraîner.

"Les yeux de tous les mouvements et régimes politiques agressifs dans le monde sont maintenant braqués sur ce que nous fait la Russie", a écrit samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur Instagram.

"Le monde sera-t-il capable de déférer en justice les vrais criminels de guerre ?", s'interroge-t-il en avertissant du risque de "centaines d'autres agressions" s'il n'y parvient pas.

Dans l'Est, comme dans le Sud du pays, les sirènes d'alarme ont retenti toute la nuit. Les habitants de la petite ville de Droujkivka au sud de Kramatorsk (Est), ont été réveillés samedi par une attaque de missiles présumée qui a laissé un énorme cratère devant un supermarché lui-même endommagé.

Les forces russes, qui ont annoncé début juillet avoir pris le contrôle de la région de Lougansk, visent maintenant celle de Donetsk pour occuper l'ensemble du bassin minier du Donbass (Est), partiellement contrôlé depuis 2014 par des séparatistes soutenus par Moscou après l'annexion russe de la péninsule ukrainienne de Crimée.

L'état-major ukrainien a rapporté samedi des bombardements russes dans l'Est et sur Kharkiv (Nord-Est), mais pas d'offensive terrestre.

Des bombardements russes ont fait au moins un mort et deux blessés à Kryvy Rig, ville natale de M. Zelensky qui a visité vendredi les positions ukrainiennes dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est).

"Nouvelles actions"

Pour sa part, l'armée russe assure avoir infligé des dégâts importants à l'armée et au matériel ukrainien dans les régions de Mykolaïv (Sud) et Dnipropetrovsk.

Dans son communiqué, le ministère russe de la Défense revendique aussi des frappes sur les régions de Donetsk et de Kharkiv, où six civils ont été blessés selon le Parquet local ukrainien.

Les "autorités" séparatistes, elles, accusent Kyiv d'avoir coupé le gaz à Zaporijjia (Sud-Est).

L'armée russe est "en train de se regrouper, ou plutôt de reconstituer ses groupes et prépare de nouvelles actions à Sloviansk, Kramatorsk, Bakhmout", avait estimé vendredi sur Telegram le gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kyrylenko.

Selon lui, "toute la ligne de front est sous un bombardement incessant". Samedi matin, il a fait état de cinq civils tués et sept blessés la veille.

Le gouverneur de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, a déclaré samedi que les forces russes visaient la région de Donetsk depuis leurs bases dans la région de Lougansk où il n'y a "pas d'occupation complète" et qui "continue de se battre".

Le gouverneur de Kharkiv et celui de Donetsk ont accusé les forces russes de provoquer avec leurs tirs des incendies notamment dans des champs. "Ils essaient de détruire les récoltes par tous les moyens", a estimé vendredi ce dernier.

Dans le Sud, la police de la région de Kherson a annoncé l'ouverture de poursuites pénales après la destruction de récoltes par les forces russes.

Dans la région de Mykolaïv, d'où partent les tentatives de contre-attaque vers Kherson, ville occupée depuis les premiers jours de la guerre, le maire a fait état d'explosions entendues durant la nuit demandé à la population de rester dans les abris.

Il y aura des combats massifs
dans les zones occupées
Iryna Verechtchouk
Vice-Première ministre

Armes et diplomatie

La vice-Première ministre Iryna Verechtchouk, citée par des médias ukrainiens, a appelé la population des zones occupées par l'armée russe à évacuer par tous les moyens possibles, avertissant : "Il y aura des combats massifs".

Dans ce qui ressemble à une rotation normale des effectifs, M. Zelensky a mis fin à la mission de cinq ambassadeurs ukrainiens à l'étranger, dont Andriï Melnik, en poste à Berlin, et qui avait jugé ouvertement timide le soutien de l'Allemagne à son pays.

Vendredi soir, Washington a annoncé un nouveau volet d'aide militaire à destination de l'Ukraine, d'un montant de près de 400 millions de dollars. Elle comprend quatre systèmes de lance-roquettes multiples Himars et un millier d'obus de 155 mm, ce qui doit améliorer les capacités ukrainiennes à viser des dépôts d'armes et la chaîne d'approvisionnement de l'armée russe.

Washington a déjà fourni 6,9 milliards de dollars en assistance militaire à Kyiv depuis le début de l'invasion russe, le 24 février.

Les Etats-Unis ont également exercé une pression diplomatique à l'occasion d'une réunion ministérielle du G20 vendredi en Indonésie.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a demandé samedi à son homologue chinois Wang Yi lors d'un entretien de prendre ses distances avec Moscou et condamner "l'agression" russe contre l'Ukraine.

La veille, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait claqué la porte de la réunion du G20 après avoir essuyé un torrent de critiques concernant l'invasion russe de l'Ukraine.

De son côté, le Royaume-Uni a annoncé samedi l'arrivée d'un premier groupe de soldats ukrainiens dans le cadre d'un "ambitieux nouveau programme d'entraînement" mobilisant 1.050 militaires britanniques, dévoilé le 17 juin à Kiev par le Premier ministre aujourd'hui démissionnaire Boris Johnson.