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Orban : "La bataille entre la gauche et la droite, c'est l'immigration et la question du genre"

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Par euronews  avec AP, AFP
Viktor Orban au sommet de l'OTAN à Madrid, 30 juin 2022.
Viktor Orban au sommet de l'OTAN à Madrid, 30 juin 2022.   -   Tous droits réservés  AP   -  

Viktor Orban était en Roumanie pour s'adresser directement à l'importante communauté hongroise.

Le Premier ministre hongrois a participé ce samedi à la traditionnelle université d'été de Baile Tusnad, en Transylvanie roumaine. Chaque année des milliers de Hongrois participent à cette réunion annuelle.

Dans son discours très attendu, le dirigeant nationaliste et ultra-conservateur a exposé sa vision sur les défis auxquels son pays est confronté.

"Il y a une guerre, une crise énergétique et une inflation galopante, et tout cela participe à nous détourner des vrais sujets sur l'immigration et la question du genre. C'est la grande bataille historique que nous menons : à savoir la démographie, la question des migrations et celle du genre. C'est précisément l'enjeu de la lutte entre la gauche et la droite", explique Viktor Orban devant des centaines de personnes acquises à sa cause.

"La guerre n'aurait jamais éclaté si Donald Trump était là"

Dans son discours, le Premier ministre hongrois a également évoqué la guerre en Ukraine. Il a notamment appelé à des négociations entre Washington et Moscou pour mettre fin à la guerre, tout en fustigeant les "sanctions inefficaces et la stratégie de l'Union européenne".

"Nous sommes assis dans une voiture dont les quatre pneus sont crevés", a-t-il lancé au sujet du conflit, jugeant qu'il "n'aurait jamais éclaté si Donald Trump était encore à la tête des Etats-Unis et Angela Merkel chancelière allemande".

Les sanctions, à l'impact économique dévastateur, "ne modifieront pas la donne" et "les Ukrainiens ne sortiront pas victorieux", a estimé M. Orban.

Idem pour les livraisons de matériel militaire: "plus l'Occident envoie des armes puissantes, plus la guerre s'éternise".

"Une nouvelle stratégie est nécessaire, qui devrait se focaliser sur des négociations de paix au lieu de vouloir gagner la guerre", a ajouté le responsable. L'UE, a-t-il insisté, "ne doit pas se ranger du côté des Ukrainiens, mais se positionner" entre les deux camps.

Selon lui, "uniquement des pourparlers russo-américains pourront mettre fin au conflit car la Russie veut des garanties de sécurité" que seul Washington peut fournir.

Position ambiguë sur l'Ukraine

Viktor Orban, qui aimait afficher avant l'invasion de l'Ukraine sa bonne entente avec le président russe Vladimir Poutine, a condamné l'offensive, mais il entretient une position ambiguë.

S'il a voté les sanctions aux côtés de ses partenaires de l'UE, ses critiques se font de plus en plus dures sur fond de crise énergétique et de détérioration de la situation économique.

Le Premier ministre a également abordé "les autres défis auxquels la Hongrie est confrontée", en particulier la migration.

"Nous déménageons, nous travaillons ailleurs, nous nous mélangeons au sein de l'Europe", a-t-il déclaré. "Mais nous ne voulons pas être une race mixte", un peuple "multi-ethnique" qui se mélangerait avec "des non-Européens", a-t-il dit.

Réformes "illibérales"

Depuis son retour au pouvoir en 2010, Viktor Orban a transformé son pays en mettant en place des réformes "illibérales", basées sur la "défense d'une Europe chrétienne".

Il s'en est notamment pris aux migrants venus d'Afrique et du Moyen-Orient et aux ONG leur venant en aide, durcissant le droit d'asile et érigeant des barrières aux frontières. Ce qui a valu à la Hongrie plusieurs condamnations par la Cour de justice de l'UE.