La Croatie célèbre "la réunification" de son territoire avec l'inauguration du pont de Peljesac

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Par euronews
Inauguration du pont de Peljesac, Croatie
Inauguration du pont de Peljesac, Croatie   -   Tous droits réservés  AP Photo

La Croatie célèbre enfin la "réunification" de son territoire avec l'inauguration en grande pompe du pont de Peljesac qui relie le sud de son littoral, dont la très touristique cité médiévale de Dubrovnik, au reste du pays, en contournant une petite bande de la côte bosnienne.

Après l'éclatement de la Yougoslavie au début des années 1990, les frontières de ses républiques fédérales sont devenues celles de nouveaux Etats. La région de Dubrovnik, "perle de l'Adriatique", s'était ainsi retrouvée coupée du reste de la Croatie par la sortie bosnienne sur la mer.

Les festivités ont commencé dans la matinée avec des concerts et une course de bateaux, tandis que des dizaines de piétons prenaient des photos de l'élégant pont à haubans.

"Le projet d'une génération, un objet de fierté"

Lors de la cérémonie officielle, le Premier ministre croate Andrej Plenkovic a assuré qu'il s'agissait d'un "jour historique pour la Croatie" et que le pont était "le projet d'une génération, un objet de fierté".

Dans une allocution vidéo, le Premier ministre chinois Li Keqiang a estimé que la réalisation de l'ouvrage "illustre la coopération entre la chine et l'Union européenne".

Pour les 90 000 habitants de cette zone et pour les touristes, l'ouverture du "Pont de Peljesac" signifie la fin des heures d'attente à la frontière, notamment en saison estivale, pour entrer en Bosnie, puis pour en ressortir dix kilomètres plus loin.

Financé par l'UE, construit par la Chine

L'ouverture du pont a été longue à venir. Depuis des années, la Croatie entendait remédier à cette absurdité en construisant un pont pour enjamber le bras de mer face à la ville bosnienne de Neum. Des travaux avaient été entamés une première fois en 2007, pour cesser peu après faute de budget.

Quatre ans après avoir adhéré en 2013 à l'Union européenne, le pays a obtenu du bloc 357 millions d'euros pour reprendre le projet, soit 85% du coût estimé à 420 millions d'euros avec des routes d'accès. Les travaux avaient été relancés cette fois-ci par un consortium chinois, "China Road and Bridge Corporation", qui a livré l'ouvrage dans les délais prévus.

A un moment, le projet avait fâché certains dirigeants bosniens qui redoutaient que le pont ne gêne, voire n'empêche l'entrée des bateaux de fort tonnage dans la baie de Neum.

Zagreb avait finalement accepté de faire augmenter la hauteur du pont à 55 mètres, malgré un coût supplémentaire.

Le pont sera ouvert en pleine saison touristique, alors que la Croatie, qui avait accueilli en 2019 près de 20 millions de touristes, espère un retour à la fréquentation d'avant la pandémie.

"L'importance du pont est énorme, non seulement sur le plan émotionnel en raison de la connexion du territoire croate mais aussi pour le tourisme et pour l'économie en général", a déclaré récemment le ministre croate des Transports, Oleg Butkovic.