Eubée : un an après le drame, les habitants de l'île grecque demandent davantage d'aide de l'Etat

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Par Euronews
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Il y a un an tout juste, le 3 août 2021, un incendie gigantesque dévastait l'île grecque d'Eubée et causait la plus grande catastrophe environnementale de l'histoire de la Grèce.

L'incendie a duré dix jours, 200 000 hectares de forêts et de cultures ont été brûlés.

Nikos Dimitrakis est un apiculteur d'Eubée. L'année dernière, il a réussi à sauver sa maison des flammes, mais il a perdu plus de la moitié de ses abeilles.

"La plupart des apiculteurs ont subi des dommages importants, beaucoup ont abandonné : les pins ont brûlé et les abeilles n'ont rien à manger. Mais nous, on va continuer, même si le gouvernement a beaucoup promis, mais n'a pour l'instant rien fait."

En plus des hectares de forêt de pins, des élevages ont péri dans l'incendie, des fermes et des entrepôts ont été réduits en cendres.

Dimitris Dimou est à la fois éleveur et apiculteur. Il est parvenu de justesse à sauver ses chèvres et ses moutons, mais ses enclos, ses silos à grains et tous ses outils ont disparu dans les flammes : l'équivalent de 800 000 euros.

"Les autorités ont parlé d'un nouveau programme spécial de reconstruction, mais on attend toujours. C'était censé commencer en février, maintenant, on parle d'octobre. Le gouvernement fait des promesses et ne fait que nous demander des justificatifs."

Le tourisme a toujours été une source importante de revenus pour la région. Mais tout est brûlé et il est maintenant difficile d'attirer des visiteurs.

Pour cet été, le gouvernement a créé un pass spécial de 150 euros, pour chaque touriste qui vient passer des vacances dans le nord d'Eubée.

Irène Anastasiou, propriétaire d'un hôtel : "L'incendie nous a bouleversés. On n'avait jamais imaginé une chose pareille et le tourisme a été durement touché. On a besoin d'aide de l'Etat, et des Grecs : les gens doivent venir passer leurs vacances avec nous."

Douze mois après le drame, la nature commence à repousser, mais les ruines des maisons brûlées rappellent toujours la catastrophe.

Le village de Kokki nomilia avait été le premier à brûler. L'église et 22 maisons sont parties en fumée.

Apostolos Staikos, Euronews : "Ici, les gens regardent à la télévision les grands incendies de forêt qui frappent de nombreux pays européens. En août dernier, ils ont vécu le même cauchemar, ils connaissent la douleur de ceux qui combattent les flammes, et savent que le feu et la destruction ne peuvent pas vaincre la vie".