Corée du Sud : le vice-président de Samsung a bénéficié d’une grâce présidentielle

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Par Jean ARCA / Euronews  avec AFP
Lee Jae-yong, vice-président de Samsung Electronics, arrive pour un interrogatoire au bureau d'un procureur spécial, le 22 février 2017.
Lee Jae-yong, vice-président de Samsung Electronics, arrive pour un interrogatoire au bureau d'un procureur spécial, le 22 février 2017.   -   Tous droits réservés  JUNG YEON-JE / AFP

Le gouvernement sud-coréen a fait savoir ce vendredi que Lee Jae-yong, 54 ans, héritier et vice-président de Samsung Electronics, avait bénéficié d’une grâce présidentielle lui permettant de réintégrer son poste à la tête de la multinationale. Condamné pour corruption à deux reprises, il était frappé d'une interdiction d'emploi.

Dans un communiqué, le ministère de la Justice sud-coréen a indiqué que cette décision était avant tout motivée par la volonté de "surmonter la crise économique de la Corée du sud", ajoutant que l'homme d'affaires pourra "diriger le moteur de croissance du pays en investissant activement dans les technologies et en créant des emplois".

Impliqué dans le scandale qui a touché le gouvernement de la présidente Park Geun-hye en 2016, Lee Jae-Yong (278e personne la plus riche du monde selon Forbes) a été jugé à deux reprises pour corruption et détournement de fonds.

Condamné une première fois en août 2017 à cinq ans de prison, il a passé un an derrière les barreaux avant que sa peine ne soit suspendue.

Suite à un second procès en janvier 2021 et une condamnation à deux ans et demi de prison, il a été de nouveau placé en détention jusqu’à obtenir une liberté conditionnelle 7 mois plus tard, en août 2021.

La grâce présidentielle, entrant en vigueur dès lundi, autorise Lee Jae-yong à retrouver son rôle au sein de Samsung Electronics.

En Corée du sud, des faveurs similaires ont déjà été accordées ces dernières années, à des dirigeants de grands groupes économiques ; les autorités semblant privilégier les performances économiques aux questions judiciaires.

Selon les analystes dont Vladimir Tikhonov, professeur d'études coréennes à l’Université d'Oslo, "l’indulgence dont peut faire preuve le gouvernement a simplement permis aux grands hommes d'affaires de sentir qu'ils n'étaient" contraints par aucune norme légale".

"Samsung a parfaitement fonctionné sans aucune grâce, la grâce affaiblit l'Etat de droit, ce qui est potentiellement, en fait, plus préjudiciable qu'avantageux pour les opérations de toute économie de marché", a-t-il estimé.

Samsung avait annoncé une hausse de plus de 70 % de ses bénéfices au deuxième trimestre 2021, le travail à distance et la hausse de la demande en puces électroniques étant très favorables à l’entreprise.