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Six mois de guerre en Ukraine, qui célèbre sa fête nationale

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Par Etienne Paponaud
Rassemblement à Varsovie, en Pologne le 24 août 2022, jour de la célébration de l'indépendance de l'Ukraine, six mois pile après le début de l'invasion russe.
Rassemblement à Varsovie, en Pologne le 24 août 2022, jour de la célébration de l'indépendance de l'Ukraine, six mois pile après le début de l'invasion russe.   -   Tous droits réservés  Michal Dyjuk/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved   -  

Six mois exactement après l'invasion de son territoire par la Russie, l’Ukraine célébrait sa fête nationale qui marque l’indépendance vis-à-vis de l’URSS en 1991.

"Aujourd'hui marque un jalon triste et tragique", a estimé le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres en évoquant la date anniversaire du déclenchement - le 24 février - des combats, qui ont fait des dizaines de milliers de morts et de blessés.

Déplorant les conséquences de cette "guerre absurde bien au-delà de l'Ukraine", il a notamment réitéré sa "profonde inquiétude" concernant les activités militaires sur le site de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, qui a subi des frappes dont les deux belligérants s'accusent mutuellement.

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Allocution du président ukrainien Volodymyr Zelensky au Conseil de sécurité des Nations Unies, le 24 août 2022.Mary Altaffer/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

"Toute nouvelle escalade de la situation pourrait conduire à l'autodestruction", a-t-il averti, tandis que les directeurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, et de l'agence atomique russe Rosatom, Alexeï Likhatchev, se sont rencontrés à Istanbul (Turquie) pour discuter d'une inspection de ces installations.

"Prendre le contrôle"

Autre illustration de la grande inquiétude de la communauté internationale à ce sujet, le pape François a exhorté le même jour à prendre des "mesures concrètes" pour "mettre fin à la guerre et écarter le risque d'un désastre" à Zaporijjia.

La Russie doit stopper sans conditions son "chantage nucléaire et simplement se retirer de la centrale" qu'elle occupe depuis début mars, a quant à lui martelé M. Zelensky devant le Conseil de sécurité des Nations unies. "La mission de l'AIEA doit dès que possible prendre le contrôle permanent de la situation" à Zaporijjia.

"Nous allons nous battre pour (l'Ukraine) jusqu'au bout", avait auparavant proclamé le président ukrainien, précisant qu'il s'agissait de "l'Ukraine toute entière (...) sans aucune concession ni compromis", englobant le bassin du Donbass (est), en partie aux mains de séparatistes prorusses soutenus par Moscou depuis 2014, et la Crimée, annexée par la Russie la même année.

Le président américain Joe Biden a pour sa part confirmé l'octroi d'une aide militaire de près de trois milliards de dollars à Kiev, la plus importante des Etats-Unis depuis le début du conflit. Il s'agit, a expliqué le président américain, de permettre aux Ukrainiens d'"acquérir des systèmes de défense aérienne, des systèmes d'artillerie et des munitions (...) ainsi que des radars".

Manifestation plus symbolique du soutien occidental, le Premier ministre britannique Boris Johnson a effectué mercredi une visite-surprise à Kiev. "Il y a une forte volonté des Ukrainiens de résister. Et c'est ce que (le président russe Vladimir) Poutine n'a pas compris", a-t-il à cette occasion estimé.

Centres de santé attaqués

Volodymyr Zelensky et son épouse ont rendu hommage aux soldats ukrainiens tués en observant une minute de silence et en déposant des bouquets jaune et bleu - aux couleurs du drapeau national - devant un mémorial du centre de la capitale, avant d'assister à un rassemblement dans la cathédrale Sainte Sophie, auquel les chefs des principales confessions religieuses ont participé.

Les autorités de Kiev, où des sirènes d'alerte ont retenti dans la matinée, y ont interdit tout rassemblement public de lundi à jeudi et, dans le nord-est, le gouverneur de la région de Kharkiv a ordonné un couvre-feu de mardi soir à jeudi matin.

Dans les premières heures de ce 24 août, des explosions ont retenti dans plusieurs villes, comme Kharkiv, Zaporijjia et Dnipro (centre), selon les autorités locales. "C'est triste à dire mais les gens ont commencé à s'habituer, ils essaient de continuer à vivre de la même façon", a raconté Mykola, un soldat de 33 ans rencontré à Mykolaïv, cité méridionale sur laquelle les missiles pleuvent quotidiennement.

Au total, près de 500 attaques ont visé des centres de santé en Ukraine au cours des six premiers mois de l'invasion russe, coûtant la vie à au moins 98 personnes, a par ailleurs déploré l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les Etats-Unis s'inquiètent également à court terme d'un autre problème : "Nous avons des informations selon lesquelles la Russie continue de préparer des simulacres de référendum" à Kherson (sud), ainsi qu'à Kharkiv, sur un rattachement de ces régions aux régions séparatistes de Donetsk et de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, a lâché mercredi la Maison Blanche.