Irak : le président Saleh en faveur de législatives anticipées pour "sortir de la crise"

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Par Etienne Paponaud
Un policier en faction à Bagdad, lors du couvre-feu imposé après des heurts entre forces armées nationales, milices et partisans de Moqtada Sadr, mardi 30 août.
Un policier en faction à Bagdad, lors du couvre-feu imposé après des heurts entre forces armées nationales, milices et partisans de Moqtada Sadr, mardi 30 août.   -   Tous droits réservés  Adil al-Khazali/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Le président irakien Barham Saleh a estimé mardi que la tenue d'élections législatives anticipées permettrait de sortir de la crise son pays, secoué ces dernières 24 heures par des combats meurtriers entre factions rivales. "La tenue de nouvelles élections anticipées (...) avec un consensus national représente une sortie de cette crise accablante", a déclaré M. Saleh dans un discours télévisé. Un tel scrutin "garantirait la stabilité politique et sociale et répondrait aux aspirations des Irakiens", a-t-il ajouté sans avancer de date pour cette échéance.

Avant que des législatives soient organisées, le Parlement doit d'abord être dissous. Or, une dissolution ne peut être actée que par un vote des députés à la majorité absolue, selon la Constitution. Elle peut être demandée par un tiers des élus ou par le Premier ministre avec l'accord du président de la République. L'allocution de Barham Saleh est survenue quelques heures après la fin d'affrontements meurtriers à Bagdad entre des partisans du leader chiite Moqtada Sadr, d'un côté, et les forces de l'ordre et le Hachd al-Chaabi, d'ex-paramilitaires intégrés aux forces régulières, de l'autre.

Trente partisans de Moqtada Sadr ont été tués dans ces combats qui ont cessé lorsque le chef religieux et politique a ordonné à ses partisans de se retirer de la Zone Verte, périmètre ultra-sécurisé au coeur de Bagdad qui abrite ambassades et institutions gouvernementales. Ces affrontements ont été le point d'orgue de la crise que traverse l'Irak depuis les élections législatives d'octobre 2021 remportées par Moqtada Sadr.

Les barons de la politique ne parviennent toujours pas à s'accorder sur le nom d'un nouveau Premier ministre. L'Irak n'a donc ni nouveau gouvernement ni nouveau président depuis les législatives. Pour sortir de la crise, Moqtada Sadr et le Cadre de coordination s'accordent sur un point: il faut de nouvelles élections. Mais si le leader politique et religieux insiste pour dissoudre le Parlement avant tout, ses rivaux veulent d'abord nommer un gouvernement.