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En Espagne, le maintien des courses de taureaux fait débat

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Par Jaime Velázquez
Lâcher de taureaux à Pampelune (Espagne), le 09/07/2000 - archives
Lâcher de taureaux à Pampelune (Espagne), le 09/07/2000 - archives   -   Tous droits réservés  CHRISTOPHE SIMON/AFP   -  

Faut-il maintenir les courses et les lâchers de taureaux? Le débat n’est pas nouveau, même en Espagne. Mais au vu de la dizaine de décès cet été causés par des lâchers de taureaux dans les rues, l’interdiction de cette coutume est sur la table.

Ce lundi, à Becerril de la Sierra, dans la campagne madrilène, les habitants peaufinent les derniers préparatifs avant la course de taureaux annuelles. L'événement se déroule sans encombre, ni blessé grave... à part quelques bosses et égratignures. Mais ce n'est pas toujours le cas. En Espagne cette année, au moins treize personnes ont perdu la vie dans des courses de taureaux, et d'autres festivités similaires.

Mais ceux qui défendent ces fêtes populaires disent que cela fait partie d'une tradition appréciée par la majorité, comme l'éleveur de taureaux de combat Antonio Leal: "le risque fait partie de la fête, et beaucoup de gens aiment aussi le risque. C'est l'adrénaline que nous avons tous à l'intérieur. On prend ce risque de courir devant un taureau."

Ces festivités populaires impliquant des taureaux ont été largement critiquées par certains habitants, qui questionne la tradition. Les défenseurs de la cause animale en profitent aussi pour remonter au créneau. Mais au-delà du nombre actuel de victimes, les associations ont réussi à convaincre certaines municipalités d’empêcher l’organisation de ce type de festivités à coups de pétition et autres manifestations... mais le succès reste relatif.

Le gouvernement espagnol a ainsi essayé d'arrêter cet événement à Tordesillas, en déclarant que la décision était justifiée par le soutien croissant aux droits des animaux. Mais si les manifestations taurines ont chuté de 40%, le nombre de fêtes populaires les impliquant reste inchangé, avec plus de 15 000 manifestations par an, très peu réglementée selon la responsable des relations publiques du Parti animaliste PACMA, Ana Bejar: "Ces fêtes prennent des vies humaines mais aussi des vies animales, et la vérité est qu'il n'y a presque aucun contrôle autour d'elles."

Les maires espagnols ont insisté sur le fait de maintenir cette tradition "ancestrale" et, en même temps, d'assurer la sécurité des personnes. Le maire de Maire de Becerril de la Sierra, Antonio Herrero, en fait partie: "Nous ne devons pas arrêter ces festivités célébrées depuis des années, mais nous devons surtout renforcer les mesures de sécurité".

Cette année, la course de taureaux de Becerril de la Sierra a donc été déplacée vers une allée plus courte et plus large pour minimiser les accidents, et avec plus de sécurité pour s'assurer que seuls ceux qui sont aptes à courir se placent devant les taureaux.