Ukraine: un nouveau charnier retrouvé dans le village de Pravdyne

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Par Anelise Borges
Pravdyne, près de Kherson, le 30 novembre 2022
Pravdyne, près de Kherson, le 30 novembre 2022   -   Tous droits réservés  Euronews

Rien ne pouvait préparer Serhiy et Sasha à ce qu'ils allaient trouver, en creusant près de cette maison détruite par les bombardements russes, dans le petit village de Pravdyne, à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Kherson.

Cinq corps, dont deux sans tête. Plus loin, les restes d'une sixième dépouille, dévorée par les animaux affamés. Les enquêteurs ont retrouvé des cordelettes autour de leurs poignets. Des corps portant des marques de torture... Une pratique que les soldats russes auraient systématiquement utilisé dans les territoires occupés.

"Je les connaissais. C'était de bons gars, très travailleurs." déclare Serhiy, ému.

La police a déterré les corps et les enquêteurs tentent de faire toute la lumière sur les circonstances de leur assassinat.

Les exécutions massives constituent des crimes de guerre et l'Union Européenne a demandé à un tribunal spécial d'enquêter sur les actes commis par les troupes russes en Ukraine.

En voyant ces corps, Sasha se dit qu'il aurait pu être l'un d'entre eux. Soupçonné d'être un informateur pour Kyiv, cet homme de 35 ans a été emmené deux fois par les services spéciaux russes. Il a ensuite été détenu pendant 8 jours, interrogé, et battu.

"Une fois, ils nous ont attrapé par nos têtes et ont dit "voilà ce qui arrivera à tous les Ukrainiens"", raconte t'il. "Ensuite, ils ont éliminé trois d'entre nous, en affirmant qu'ils faisaient partie de l'ATO, l'opération anti-terroriste ukrainienne, et les ont abattus."

Sasha est toujours sous le choc. Mais il dit que le fait d'avoir survécu renforce sa volonté de combattre au côté des soldats ukrainiens. "Honnêtement, chaque jour, je me sens de plus en plus ukrainien. Et je vais les chasser d'ici."