"Erasmus in Gaza" : le périple d'un étudiant en médecine, en zone de conflit

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Par Giorgia Orlandi  & Stéphane Hamalian
Extrait du documentaire "Erasmus in Gaza"
Extrait du documentaire "Erasmus in Gaza"   -   Tous droits réservés  MAHMUD HAMS/AFP or licensors

Entrer à Gaza n'est pas facile, surtout pour un jeune comme Riccardo. Il est le premier étudiant européen en échange Erasmus à s'être rendu dans cette zone de conflit. C'était en 2019, pour apprendre la chirurgie d'urgence.

Son voyage, semé d'embuches est raconté dans un documentaire, "Erasmus in Gaza" réalisé par Chiara Avesani et Matteo Delbò.

Euronews a rencontré le jeune italien, étudiant en médecine, qui fait désormais son internat à Vérone en Italie, ainsi que les deux réalisateurs.

"Personne n'est prêt pour ça. Personne ne vous forme jamais à gérer des fusillades de masse où 50 personnes arrivent en même temps en l'espace de 10 minutes, avec des blessures par balle" se souvient Riccardo.

"Alors quand vous vous retrouvez dans une telle situation, cela peut avoir un impact très fort, c'était aussi très difficile à gérer émotionnellement" dit-il. "_Mais après avoir traversé cette épreuve, j'ai eu la confirmation que c'est ce que je voulais faire dans la vi_e".

À travers ce documentaire, le réalisateur Matteo Delbò souhaite souligner "le vide laissé par la politique", et le rôle que peut jouer "la diplomatie culturelle".

"Après cette expérience, ce que nous pouvons dire, c'est que le projet Erasmus permet à l'Union européenne de prendre une énorme responsabilité. C'est un programme qui vise à construire des ponts plutôt que des murs" se satisfait-il.

"Erasmus est comme un outil de paix et il reflète l'identité européenne" abonde Chiari Avesani.

"C'est comme ouvrir de nouveaux horizons à la fois pour Riccardo et pour les personnes vivant à Gaza. Ils sont complètement isolés, ils vivent dans une prison et ne savent pas ce que cela signifie de rencontrer un "étranger". Riccardo représente cela. Il incarne le monde occidental qu'ils n'ont jamais connu".

"Pouvoir assister à un même cours avec d'autres personnes qui viennent de différentes parties du monde est quelque chose qui peut unir des milieux culturels différents" estime Riccardo.

"Quand nous apprenons à nous connaître, nous n'avons pas peur les uns des autres et quand il n'y a pas de peur, il n'y a pas de guerre" conclut-il.

Des propos qui prennent une dimension particulière, dans le contexte de guerre en Ukraine.