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La révolution de l’acier vert est en marche. L’UE est-elle prête à franchir le pas ?

Photo de Gustavo Quepón
Photo de Gustavo Quepón   -   Tous droits réservés  EUROFER

Sans acier, notre monde serait bien différent. Pas de chemins de fer, de ponts, de vélos ou de voitures. Pas de machines à laver ni de réfrigérateurs.

La plupart des appareils médicaux et outils mécaniques de pointe seraient quasiment impossibles à fabriquer. L'acier est essentiel à l'économie circulaire et pourtant, certains décideurs politiques et ONG continuent de le considérer comme un problème, au lieu d'une solution.

L'Association européenne de l'acier (EUROFER), qui représente la quasi-totalité de l'industrie sidérurgique en Europe, est déterminée à dénoncer cette préconception et invite l'Union européenne à soutenir la mise en place de 60 grands projets à faible émission de carbone, sur tout le continent, d'ici 2030.

« Revenons à l'essentiel : par nature, l'acier est un matériau circulaire, réutilisable à 100 %, à l'infini. C'est l'alliage le plus recyclé au monde, permettant une réduction de 950 millions de tonnes de CO2, chaque année. L'Union européenne affiche un taux de recyclage estimé à 88 % », déclare Axel Eggert, directeur général d'EUROFER.

De nouveaux produits sidérurgiques innovants sont constamment développés. « Il existe plus de 3 500 types d'acier et plus de 75 % d'entre eux (plus légers, plus performants et plus écologiques) ont été mis au point au cours des 20 dernières années. Si la tour Eiffel était construite aujourd'hui, il ne nous faudrait que deux tiers de l'acier utilisé à l'époque », affirme Eggert.

Les projets proposés visent à réduire les émissions de carbone de plus de 80 millions de tonnes au cours des huit prochaines années ; l'équivalent de plus d'un tiers des émissions actuelles, soit une réduction de 55 % par rapport aux niveaux de 1990. La neutralité carbone est prévue pour 2050.

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© EUROFEReuronews

Les innovations continuelles apportées à la fabrication de l'acier permettent également aux produits d'autres secteurs, comme l'automobile ou l'énergie, d'être plus efficaces, réduisant leur empreinte carbone de six fois en moyenne, selon une étude de 2013.

Les sidérurgistes européens s'intéressent au changement climatique et à la réduction des émissions de CO2 depuis un certain temps déjà. La dernière décennie a été marquée par des efforts de recherche et de développement décisifs dans le domaine des technologies de pointe qui permettront soit de réduire les émissions, soit de remplacer les matériaux et sources d'énergie à base de carbone par des énergies renouvelables. En dépit de ces mesures, EUROFER estime que les politiques européennes, notamment l'accès prioritaire à l'hydrogène et aux énergies renouvelables, le financement de l'innovation et le renforcement de la protection contre les fuites de carbone, sont à la traîne.

Selon Eggert, la décarbonation de l'acier demande un effort considérable. « Les processus de production se sont améliorés avec le temps, mais ils ont aujourd’hui atteint leurs limites thermodynamiques. »

L'introduction de technologies innovantes, permettant le passage des combustibles fossiles aux matériaux verts, constituerait la plus grande révolution sidérurgique depuis la naissance de l'industrie. Actuellement, quatre voies technologiques sont prometteuses pour y parvenir, comme le souligne le rapport de l'Union européenne intitulé « Climate-neutral Steelmaking in Europe ».

Tout d'abord, le haut fourneau optimisé, qui réduit les émissions via le captage, le stockage et l'utilisation du CO2. La méthode suivante consiste à réduire directement le minerai de fer, en remplaçant le charbon par du gaz ou de l'hydrogène.

La troisième méthode est basée sur la réduction par fusion, qui permet de transformer directement le minerai de fer en acier. Puis, enfin, l'électrolyse, qui, à ce stade, n'est pas tout à fait au point sur le plan technologique.

Les ferrailles d'acier joueront également un rôle de plus en plus important : aujourd'hui déjà, 43 % de la production d'acier de l'Union européenne provient d'acier recyclé, fabriqué dans des fourneaux alimentés à l'électricité. Toutefois, des millions de tonnes sont aussi exportées hors de l'UE, vers des pays où les normes environnementales sont moins rigoureuses.

« Il n'y a pas de technologie dominante ou de meilleure technologie. Au contraire, elles peuvent être combinées de multiples façons. Leur adoption dépendra des conditions locales, telles que l'accès et la disponibilité de l'énergie et des ressources à des tarifs compétitifs, ainsi que l'existence d'infrastructures de stockage de l'énergie et du carbone », explique Axel Eggert.

C'est là que les politiques de l'Union entrent en jeu. « Le financement nécessaire à la mise en œuvre de nos 60 projets à faible émission de carbone d'ici 2030 est estimé à 85 milliards d'euros ; 31 milliards d'euros d'investissements et 54 milliards d'euros de dépenses opérationnelles. En termes d'énergie, nous aurons besoin de plus de 150 TWh d'électricité propre, dont la moitié sera dédiée à la production d'hydrogène », précise-t-il. Cela représente deux fois la consommation d'électricité annuelle de la Belgique.

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© Ruben Hansseneuronews

Plusieurs projets sidérurgiques à faible émission de carbone envisageaient initialement de remplacer le charbon par du gaz, en attendant que l'hydrogène soit disponible à grande échelle, mais la guerre dévastatrice en Ukraine a remis en question la possibilité d'utiliser le gaz comme combustible de transition. « L'industrie sidérurgique aura maintenant besoin de plus d'hydrogène, mais comment passer en masse du charbon et du gaz à l'hydrogène vert dans les prochaines années, alors que pratiquement aucune infrastructure n'est disponible ? », interroge Eggert.

Jusqu'à présent, les décideurs politiques européens ont ignoré ses questions, ainsi que ses préoccupations concernant la hausse fulgurante des coûts de l'énergie et du carbone ; sans parler de la pénurie de matières premières, qui pourrait compromettre les investissements dans les technologies propres. « Le renforcement de la protection contre les fuites de carbone, l'accès à une énergie verte à un prix abordable et un financement plus rapide sont des facteurs déterminants pour une décarbonation industrielle réussie », insiste-t-il.

Du point de vue d'EUROFER, l'outil de financement du Système communautaire d'échange de quotas d'émission, le fonds « Innovation Fund », s'est révélé insuffisant. Le fonds a été submergé de demandes, les requêtes excédant de dix fois le budget européen disponible.

En conséquence, Axel Eggert plaide pour des allocations gratuites à titre transitoire, récompensant les nouveaux investissements dans les technologies de pointe, du moins les premières années, lorsqu'elles sont introduites à l'échelle industrielle.

« Les règles relatives aux critères de référence doivent refléter la transformation progressive du secteur et prévoir une période de transition plus longue, afin de permettre aux entreprises sidérurgiques de rationaliser leurs ressources financières sur des projets à faible intensité de carbone », insiste Eggert.

« Demander un placement de capitaux de 30 milliards d'euros en seulement huit ans, tout en supprimant, dans le même temps, les allocations gratuites ne plaidera pas en faveur de l'Europe. L'objectif devrait être de supprimer les émissions, non la capacité des entreprises à investir. »

Reste à savoir si l'Union européenne se montrera à la hauteur de l'ambition climatique de l'industrie sidérurgique.