La Commission européenne veut répondre aux pressions économiques

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Par Shona Murray  & Euronews
La Commission européenne veut répondre aux pressions économiques
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Renforcer l'arsenal européen face aux pressions économiques délibérées de ses concurrents. C'est le sens de la proposition présentée mercredi par la Commission européenne. L'institution prévoit un ensemble de mesures de représailles contre les Etats, les entreprises et les personnalités qui viseraient les pays membres.

A titre d'exemple la Chine a récemment interdit les importations venues de Lituanie car Vilnius continue d'avoir des relations avec Taïwan. Ce nouvel outil pourrait être employé dans ce type situation et permettre aux 27 de faire preuve de solidarité lorsqu'un de ses partenaires fait ainsi l'objet de coercition.

Ce dispositif "indiquera qu'en cas de nécessité l'Union européenne a les outils pour se défendre contre des pressions économiques. Et cela peut servir comme un dispositif puissant de dissuasion", assure le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis.

Nous sommes maintenant dans une situation de conflit géopolitique
Valdis Dombrovskis
vice-président de la Commission européenne

Parmi les mesures de rétorsion la Commission propose :

  • des droits de douanes
  • des limitations d’importation
  • des restrictions relatives aux services et aux investissements

Les décisions de politique internationale et les sanctions sont difficiles à prendre à l'échelle européenne car elles nécessitent l'unanimité des 27. Or très souvent chaque Etat membre cherche à préserver ses propres intérêts à l'égard de la Chine ou de la Russie par exemple. S'il est approuvé ce mécanisme permettra à l'UE de réagir rapidement.

"Quelle que soit l'action de l'Union, par le bais de sanctions ou de mesures de représailles, ces initiatives sont compromises lorsque les Etats membres eux-mêmes agissent de façon contraire aux objectifs politiques collectifs", explique John O’Brennan, professeur à l’Université nationale d’Irlande. "Le problème, comme toujours, c’est que les pays membres gardent jalousement leurs prérogatives en matière de politique internationale", ajoute-t-il.

La proposition peut compter sur le soutien de la France et de l'Allemagne. "Avec cet instrument, l’UE franchit une nouvelle étape pour bâtir une politique commerciale moins naïve, en renforçant concrètement les moyens à notre disposition pour affirmer notre souveraineté et défendre nos intérêts", précise dans un communiqué le ministre délégué français en charge du Commerce extérieur Franck Riester. En revanche la Suède et la République tchèque voient dans cet outil une menace pour les relations commerciales.