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Cinq Etats membres de l'UE réclament des sanctions contre Gazprombank et les diamants russes

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Par Jorge Liboreiro  & Euronews
La Pologne, l'Irlande et les trois pays baltes veulent inclure les diamants russes dans les sanctions européennes
La Pologne, l'Irlande et les trois pays baltes veulent inclure les diamants russes dans les sanctions européennes   -   Tous droits réservés  LEFTERIS PITARAKIS/AP   -  

Exclure Gazprombank du système SWIFT. C’est la proposition conjointe de la Pologne, de l'Irlande et des trois pays baltes dans le cadre d’un nouveau train de sanction contre Moscou. L’établissement financier joue un rôle déterminant dans le paiement du gaz entre la Russie et l'Union européenne.

Dans un document obtenu par Euronews, les cinq États membres présentent une série de mesures en réponse aux projets de Vladimir Poutine de mobiliser jusqu'à 300 000 réservistes de l'armée et d'organiser des référendums dans les territoires occupés par la Russie dans l'est et le sud de l'Ukraine.

Ces scrutins, considérés par les experts comme un prélude à une possible annexion complète, sont sévèrement condamnés par les pays occidentaux qui les qualifient de "simulacre".

Le décret de mobilisation et les référendums alimentent les appels à une nouvelle série de sanctions européennes contre la Russie.

"Je pense que cela appelle des sanctions de notre part, une fois de plus", a déclaré la semaine dernière Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Depuis le lancement de l’invasion de l’Ukraine par les forces russes, l'Union européenne a imposé six séries de sanctions, ainsi que des mesures complémentaires visant à affiner leur efficacité et à étendre leur portée.

La Commission indique que le prochain train de sanctions devrait être axé sur la technologie civile, sans donner plus de détails.

Dans leur document commun, la Pologne, l'Irlande, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie suggèrent la voie que les 27 devraient suivre pour faire pression sur la Russie.

Les cinq capitales souhaitent que Gazprombank soit définitivement exclue de SWIFT. La banque, dont le siège est à Moscou, sert d'intermédiaire entre les clients de l'UE et Gazprom, le géant gazier russe.

La très forte dépendance de plusieurs Etats membres aux livraisons par gazoducs explique l’exception dont bénéficie jusqu’à présent Gazprombank. Cette singularité est d’ailleurs fortement critiquée par les responsables ukrainiens.

Le document prévoit également d'interdire aux entreprises de l'UE de fournir tout type de service d'assurance au gouvernement, aux agences et aux entreprises russes. La mesure prévoit une exemption si le risque assuré est situé sur le territoire de l'UE ou s'il concerne des missions diplomatiques.

Dans le domaine technologique, les cinq pays proposent une longue liste de produits et de services dont le commerce devrait être interdit ou fortement restreint, tels que l'exportation de smartphones, d'appareils photo, de projecteurs, de lasers, de lentilles et de prismes fabriqués dans l'UE, ainsi que des logiciels informatiques, du matériel de maintenance, des services d'hébergement web et des systèmes de cybersécurité.

L'interdiction des diamants de nouveau sur la table

Au-delà de la haute technologie, la Pologne, l'Irlande, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie font pression ensemble pour interdire l'importation de diamants en provenance ou ayant été traités en Russie.

L'Union européenne a déjà interrompu l'exportation de ses diamants vers la Russie mais le pays est toujours autorisé à envoyer des diamants sur le marché de l'Union.

Selon le Centre du commerce international, les exportations de diamants russes ont représenté 4,5 milliards de dollars en 2021.

Leur première destination est la Belgique, dont le centre diamantaire d'Anvers domine le marché international de la taille et du polissage de la pierre précieuse.

Au cours des derniers mois, le gouvernement belge a fait l'objet d'un examen minutieux en raison de son opposition à l'idée de restreindre davantage le commerce de diamants avec la Russie.

"Le commerce du diamant à Anvers s'est adapté au fil des mois de ce conflit et des choix ont été faits", a déclaré ce récemment le Premier ministre belge Alexander De Croo.

"Si vous regardez la situation aujourd'hui et le volume du commerce avec la Russie par rapport à avant la guerre, nous sommes dans un nouveau monde et ce sont des choix délibérés qui ont été faits à Anvers."

Alexander De Croo note que "les sanctions devraient se concentrer davantage sur l'agresseur, plutôt que sur nous-mêmes."

Dans le document commun, les cinq pays proposent d'interdire la vente de biens immobiliers basés dans l'UE à tout ressortissant, résident ou société russe - à moins qu'il ne dispose d'un droit de résidence permanente.

La Pologne, l'Irlande, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie demandent également d’élargir la définition du secteur de l'énergie pour imposer des restrictions au commerce de la technologie nucléaire.

"Nous sommes favorables aux sanctions les plus fortes possibles, mais nous sommes également conscients que la force réside dans la solidarité et l'unanimité", a déclaré un diplomate de l'un des cinq signataires. "Nous allons donc travailler dans ce sens".

Les sanctions de l'UE doivent être approuvées à l'unanimité par les 27 États membres pour pouvoir entrer en vigueur.