L’UE veut agir aux frontières des Balkans occidentaux pour freiner les arrivées de migrants

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Par Alice Tidey
La route dite des Balkans est l'une des plus employées par les migrants
La route dite des Balkans est l'une des plus employées par les migrants   -  Tous droits réservés  Darko Vojinovic/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

Le personnel de l'agence des frontières extérieures de l'Union européenne, Frontex, pourrait bientôt être déployé aux frontières des Balkans occidentaux dans le cadre d'un plan pour freiner les arrivées irrégulières en provenance de la région, a annoncé lundi la Commission européenne.

"Le nombre de personnes que nous avons actuellement dans les Balkans occidentaux est d'environ 500 personnes de Frontex déjà déployées, mais aujourd'hui elles ne sont déployées qu'à la frontière entre les partenaires des Balkans occidentaux et les frontières extérieures de l'UE", explique Ylva Johansson, Commissaire européenne aux Affaires intérieures.

"Avec un nouveau mandat, il sera possible de se déployer également à l'intérieur, c'est-à-dire entre deux partenaires différents des Balkans occidentaux", ajoute-t-elle, précisant que c'est à Frontex de décider des effectifs nécessaires.

Cette mesure s'inscrit dans le cadre du plan d'action pour la région proposé par la Commission européenne pour faire face à l'augmentation du nombre de migrants qui entrent dans l'UE via les Balkans occidentaux.

Selon les données de Frontex, plus de 128 000 franchissements illégaux des frontières ont été enregistrés par cette voie au cours des dix premiers mois de l'année. Cela représente une augmentation de 168 % par rapport à la même période en 2021.

Risque de nouvelles routes

Un autre pilier du plan de la Commission, dévoilé à la veille d'un sommet en Albanie entre l'UE et les Balkans occidentaux, vise à mieux aligner les visas entre les pays de la région et les 27 afin d'éviter que les ressortissants étrangers qui se rendent dans les Balkans occidentaux sans document entrent ensuite dans l'UE.

La plupart des pays de la région ont conclu des accords d'exemption de visa avec l'UE. Selon Ylva Johansson, la Serbie est le principal point d'entrée dans l'Union pour ces personnes.

Belgrade a conclu des accords d'exemption avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Bahreïn, le Bélarus, la Bolivie, la Chine, Cuba, la Guinée-Bissau, l'Inde, l'Indonésie, la Jamaïque, le Kirghizstan, le Koweït, le Kazakhstan, la Mongolie, Oman, le Qatar, la Russie, le Suriname et la Turquie.

Elle a récemment mis fin à l'exemption de visa avec la Tunisie et le Burundi et "ils ont aussi promis de faire de même avec l'Inde et ont également promis de s'aligner davantage sur d'autres pays tiers", précise la Commissaire.

"Mais tous les partenaires des Balkans occidentaux présentent des lacunes importantes en ce qui concerne l'alignement de leur politique des visas sur celle de l'UE, et c'est pourquoi il convient de les combler dans tous les pays des Balkans occidentaux", poursuit-elle.

Trois sommets clés

L'alignement des visas devrait être discuté par les dirigeants lors du sommet UE-Balkans occidentaux qui se tiendra mardi à Tirana. L'harmonisation sur la politique étrangère et de sécurité des 27 sera également à l'ordre du jour.

Là encore, la Serbie fait figure d'exception, puisque jusqu’à présent elle refuse d'imposer des mesures restrictives contre la Russie à la suite de l'invasion de l'Ukraine.

Le président serbe, Aleksander Vučić, a menacé de boycotter le sommet, organisé pour la première fois dans un pays des Balkans occidentaux, en raison d'un différend avec le Kosovo.

La rencontre se tiendra quelques jours avant les réunions des 27 ministres de l'Intérieur et celle des dirigeants de l'UE, au cours desquelles il sera question du statut de candidat pour la Bosnie-Herzégovine et la libéralisation des visas pour le Kosovo.