Ouverture du procès des attentats terroristes de Bruxelles

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Par Grégoire Lory
Avocats et accusés s'entretiennent pour l'ouverture des débats
Avocats et accusés s'entretiennent pour l'ouverture des débats   -   Tous droits réservés  Olivier Matthys/AP

Le procès des attentats terroristes de Bruxelles s'est ouvert lundi, dans la capitale belge. C'est une procédure hors norme qui débute. Dix accusés comparaissent pour les attaques commises le 22 mars 2016 à l'aéroport de Bruxelles et dans une station de métro qui ont entrainé la mort de 32 personnes.

Près d'un millier de parties civiles sont attendues au cours de la procédure : des blessés, des proches des victimes qui viendront témoigner ou écouter les débats. Pour certaines c'est une nouvelle épreuve qui commence.

"J'ai hésité jusqu'au dernier moment", explique Loubna Selassi, victime des attentats. Elle ne cache pas être anxieuse à l’ouverture des débats.

"Je m'étais dit de toute manière on sera ramené à être présent à un moment ou à un autre, vu qu'il y a aussi des témoignages qui sont prévus", ajoute-t-elle.

D'autres parties civiles semblent vouloir avant tout tourner cette page douloureuse. Esmael Fazal Sarah a perdu sa sœur dans le métro et n'attend pas grand-chose de ce procès et de la confrontation avec les accusés.

"Je n'ai aucune haine. Pas du tout. J’en ai déjà croisé (des accusés). Le regard ne me fait rien. Je suis en paix avec moi-même", insiste la jeune femme.

Sur les dix accusés, neuf sont présents dans le box à Bruxelles. La question est de savoir s'ils voudront s'exprimer ou non au cours de l'audience. Pour les avocats, il faut que les débats puissent avoir lieu et que chacun puisse s'exprimer.

"L'essentiel c'est l'écoute des parties civiles. C'est la dignité, c'est l'écoute de leur souffrance. Et la conséquence concrète pour nous ça va être le fait de dire : on ne se retranche pas derrière le droit de se taire. Mais on a cette conviction qu'il faut avoir un débat judiciaire et que donc il faut parler, il faut s'expliquer, il faut répondre aux questions des parties civiles. Il faut aussi avoir des responsabilités. Ce ne sont pas uniquement les neuf là-bas dans le box qui sont responsables seuls de ce qui s'est passé", estime Me Vincent Lurquin, avocat d'Hervé Bayingana Muhirwa, l’un des accusés.

Le procès devrait durer entre six et huit mois. La quasi-totalité des accusés encourt la réclusion à perpétuité.