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NFT, pays du Sud et espace : la scène artistique de Dubaï explore de nouveaux territoires

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City Scenes
City Scenes   -   Tous droits réservés  euronews   -   Credit: Dubai
Par Sarah Hedley Hymers

Grâce à sa multitude d'événements et de lieux dédiés à l'art contemporain, Dubaï, l'un des sept émirats des Émirats arabes unis, attire les talents créatifs. Leur accueil est aussi encouragé par l'attribution de "Golden Visas", des visas longue durée qui permettent de séjourner sur place pendant dix ans au lieu de trois habituellement.

L'artiste gallois Julian Castaldi, par exemple, est arrivé à Dubaï il y a neuf ans pour rendre service à un ami qui l'avait sollicité pour garder ses chats, mais il est "tombé amoureux de l'émirat, de l'ambiance et de son mélange de nationalités," confie-t-il, et n'est jamais reparti. "La grande différence avec le Royaume-Uni ou Los Angeles où j'ai travaillé, c'est la diversité que l'on a ici," explique-t-il. "J'ai créé des œuvres en arabe et en hindi, ce que je n'aurais pas fait ailleurs ; c'est très multiculturel, éclectique (...) et la scène artistique est géniale," estime-t-il.

Amrita Sethi travaillait dans le secteur bancaire à Dubaï jusqu'à ce qu'elle ne décide de devenir artiste, inspirée par la scène artistique florissante dans l'émirat. Elle a récemment obtenu un "Golden Visa" pour sa "contribution à la scène de l'art numérique," raconte-t-elle. "J'ai toujours aimer venir à Art Dubai quand je travaillais encore dans le secteur de la banque et que je cherchais mon identité artistique," se souvient-elle avant d'ajouter : "Pour moi, Art Dubai est vraiment un événement particulier."

Art Dubai, un salon cosmopolite et numérique

Art Dubai est l'un des temps forts annuels de l'art contemporain dans l'émirat. Le salon vient de fêter son 15ème anniversaire. Accueillie à Madinat Jumeirah, cette édition 2022 a été la plus importante jamais organisée, avec plus de 100 exposants de 44 pays et cette année, une nouvelle section était consacrée à l'art numérique.

Les visiteurs ont été invités à acquérir des œuvres dont des NFT et à explorer des galeries en Metavers en plus des expositions plus traditionnelles.

"C'est la première fois que l'on peut acheter des œuvres en crypto-monnaie à Art Dubai," précise Shumon Basar, commissaire de Global Art Forum 15. "Cela permet de faire connaître cette forme d'art à un nouveau public, de toucher de nouveaux collectionneurs, voire de nouvelles générations. C'est très enthousiasmant," souligne-t-il.

Quand la technologie est révolutionnaire, la culture l'est aussi.
Shumon Basar
Art Dubai

Art Dubai comporte aussi un segment appelé Bawwaba qui signifie "passerelle" en arabe et qui est consacré aux créations des pays du Sud, des régions du monde sous-représentées sur le marché de l'art

"Le positionnement très international et stratégique de Dubaï fait de l'émirat, la plateforme idéale pour faire découvrir l'art des pays du Sud et en ce sens, on veut affirmer que nous avons besoin de perspectives qui ne sont pas occidentales : cela inclut le Moyen-Orient, toute l'Afrique, l'Asie du Sud, l'Asie du Sud-Est, l'Inde et le Pakistan," insiste Benedetta Ghione, directrice exécutive d'Art Dubai.

Ismail Noor / Art Dubai
Galerie 1957 / Art Dubai 2022Ismail Noor / Art Dubai

Les Avenues de l'art

Le quartier artistique d'Alserkal est sorti de terre dans la zone industrielle d'Al Quoz où des entrepôts ont été reconvertis en galeries. Quatorze ans après sa fondation, ce district reste un terrain fertile pour l'innovation.

Cette année, la galerie emblématique Concrete présente la toute première installation artistique ambisonique exposée à Dubaï. "A Slightly Curving Place" invite les visiteurs à s'immerger dans des créations sonores, repoussant ainsi les limites des expositions traditionnelles en adoptant la technologie.

Musthafa Aboobacker/Alserkal Avenue
La galerie Concrete présente une installation artistique ambisoniqueMusthafa Aboobacker/Alserkal Avenue

À quelques minutes de marche, la galerie Carbon 12 présente une exposition de Michael Sailstorfer intitulée "Heavy Eyes" qui explore la matérialité à travers une série de peintures évoquant des fards à paupières aux teintes industrielles.

Dans la même rue, Volte présente "The Guernica Project" de Raghava KK. Cette série en constante évolution comporte des peintures à grande échelle, des impressions numériques et des NFT qui racontent l'histoire de l'Inde à travers des personnages de dessins animés et des mèmes.

Reproduisant le modèle de l'Alserkal Avenue voisine, Al Khayat Avenue est en train de transformer elle aussi des hangars commerciaux en espaces artistiques. Elle abrite notamment la galerie Efie fondée par les frères Kobi et Kwame Mintah et décorée de disques vinyles. Le lieu accueille une exposition entièrement dédiée à l'artiste ghanéen El Anatsui, célèbre dans le monde entier pour ses installations réalisées à partir de capsules de bouteilles qui ont été exposées au British Museum ou encore au MoMa de New York.

De l'art sur la Lune

La scène artistique de Dubaï se tourne même vers l'espace avec la pièce du Britannique installé à Dubaï Sacha Jafri qui sera bientôt la première œuvre d'art officiellement installée sur la Lune.

Après avoir marqué les esprits avec sa dernière toile qui s'est vendue à 62 millions de dollars, l'artiste veut frapper encore plus fort avec son couple enlacé dans un cœur gravé sur une plaque d'aluminium, matériau résistant aux températures lunaires extrêmes.

Sa création a été dévoilée lors d'une conférence de presse au sein du pavillon des États-Unis à l'Expo 2020. Sacha Jafri l'a décrite en expliquant qu'il s'était concentré sur un "nouvel espoir pour l'humanité".

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Destination Dubai sur euronews.com