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Du scalpel au scanner

Du scalpel au scanner
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Hôpital de la Timone, à Marseille. Service de médecine légale.
Ce matin, une autopsie va débuter. Celle du corps d’une femme décédée par pendaison. Suicide ? Acte de violence conjugale ? La justice a besoin de la science pour obtenir des réponses.

Depuis une dizaine d’années, la nouveauté en médecine légale, c’est le recours à l’imagerie médicale. Les praticiens font de plus en plus appel au scanner et à l’IRM. On appelle ça la virtopsie.

“C’est un apport énorme, c’est un gain de temps pour nous qui est énorme”, explique le docteur Jacques Desjeux, médecin légiste. “Ça ne remplacera pas l’acte de l’autopsie, puisque on a beau avoir des images très intéressantes, on ne peut pas prélever les projectiles, mais sur le plan balistique c’est très très importan”.

Le scanner permet de visualiser les parties osseuses.
L’IRM, lui, fait apparaître les tissus et les organes, mais on l’utilise plus rarement. Les radiologues ont donc désormais un rôle à jouer dans les enquêtes judiciaires. L’imagerie permet soit de guider le légiste avant la dissection soit de confirmer les résultats d’examen.

“On scanne le corps du sommet du crâne au bout des orteils”, note le docteur Guillaume Gorincour, radiologue. “On est dans des précisions de 0,6 millimètre en terme de taille et de structure, on a accès à ce volume-là de manière infinie. On peut le transférer à des collègues si on a besoin d’avoir des avis autres. On a un stockage qui fait que dans dix ans si une affaire est rouverte, on peut en trois clics avoir accès à ce volume tel quel dans l’état dans lequel on l’a scanné le jour J sans aucune perte de données, sans aucune modification”.

Au CHU de Lausanne, on pratique aussi l’autopsie virtuelle, plus particulièrement sur nourrisons, victimes de mort subite ou de mauvais traitement. L’utilisation de l’IRM permet de limiter l’ampleur des interventions voire de les éviter complètement. Objectif : rendre le plus vite possible les corps aux familles.

“En imagerie, on ne peut pas calculer le poids. Par contre, il y a des outils qui permettent d’évaluer les volumes, et à partir du volume, on peut arriver au poids”, précise le docteur Caroline Rouleau. “Donc, ce qui fait que l’on a plus besoin de retirer des organes. On peut les laisser dans le corps, tout en ayant des renseignements de même signification”.

Le recours à des techniques d’imagerie médicale pour explorer, post mortem, un corps sous toutes ses coutures. Une révolution. Mais pas question que le scanner remplace le scalpel. La virtopsie reste complémentaire de l’autopsie classique.

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