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Après la corruption à l'IAAF, le tour des JO de Tokyo et Rio ?

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Après la corruption à l'IAAF, le tour des JO de Tokyo et Rio ?

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L’enquête judiciaire ouverte en France sur un pacte de corruption entre le sommet de l’IAAF et la Russie a débouché sur de nouveaux soupçons dans l’attribution des jeux Olympiques d‘été 2016 à Rio et 2020 à Tokyo.

Point commun à tous les dossiers, Papa Massata Diack, ou “PMD”, puissant consultant marketing de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), que son père Lamine Diack a présidée de 1999 à 2015.

- Tokyo-2020 –

Les juges d’instruction parisiens enquêtant depuis octobre 2015 sur l’IAAF ont découvert deux virements suspects, les 30 juillet et 28 octobre 2013, en provenance d’un compte au Japon sous le libellé “Tokyo 2020 Olympic Games Bid”. Les dates intriguent, car Tokyo a obtenu les Jeux par un vote des membres du Comité international olympique (CIO) le 7 septembre de la même année, à Buenos Aires. Mais surtout, l’argent, 2,8 millions de dollars singapouriens (1,6 million d’euros) au total, a atterri sur le compte de la société Black Tidings à Singapour, une structure liée à Papa Massata Diack et déjà connue des enquêteurs. Quand la marathonienne russe Lilya Shobukhova avait réclamé en 2014 à ses maîtres chanteurs une partie des sommes qu’elle avait dû payer pour éviter une suspension pour dopage, c’est depuis un compte de Black Tidings que les fonds, 300.000 euros, lui sont revenus. Après cette découverte, le parquet national financier à Paris a ouvert une nouvelle information judiciaire, qui se poursuit. L’ancien patron de l’IAAF, Lamine Diack, membre influent du CIO à l‘époque, a été entendu sous le statut de témoin assisté.

- Rio-2016 –

En mars, le journal Le Monde a révélé un virement de 300.000 dollars d’une société de Papa Massata Diack vers une structure liée à Frankie Fredericks, l’ancienne star namibienne du sprint, en date du 2 octobre 2009. Ce jour-là, Rio obtenait l’organisation des JO-2016 lors d’une session du CIO à Copenhague. Problème, Fredericks était scrutateur du vote pour le CIO, dont il est devenu membre en 2012.

De plus, trois jours plus tôt, la société d’un homme d’affaires brésilien, Arthur Soares, surnommé le “Roi Arthur” et proche de l’ex-gouverneur de Rio Sergio Cabral, avait versé 1,5 million de dollars à l’une des sociétés de “PMD”. Sergio Cabral dort aujourd’hui en prison, condamné à 14 ans dans l’immense scandale de corruption qui secoue le Brésil.

En France, l’instruction sur Tokyo a été étendue à Rio, tandis que la justice brésilienne, qui coopère avec Paris, a aussi ouvert son enquête. En septembre, la police a mené une dizaine de perquisitions au Brésil, dont une au domicile de Carlos Nuzman, patron du comité d’organisation des Jeux de Rio. Soupçonné d‘être un maillon du système, il a été arrêté début octobre puis remis en liberté conditionnelle. Pour l’accusation brésilienne, Nuzman et Cabral ont “directement sollicité” auprès du “Roi Arthur” le versement de 2 millions de dollars à Papa Massata Diack.

D’après le parquet de Rio, Nuzman, son ancien bras droit et Cabral ont rencontré Lamine Diack en août 2009, à Berlin lors des Mondiaux d’athlétisme, et le Sénégalais leur aurait suggéré de traiter avec son fils pour le versement des pots-de-vin. Interrogé sur ce point, l’avocat de Lamine Diack, Me Daouda Diop, n’a fait aucun commentaire, disant réserver ses explications à la justice.

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