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Macédoine: des Albanais condamnés pour terrorisme à de lourdes peines de prison

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Macédoine: des Albanais condamnés pour terrorisme à de lourdes peines de prison

Macédoine: des Albanais condamnés pour terrorisme à de lourdes peines de prison
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Un tribunal macédonien à condamné à de lourdes peines de prison 33 Albanais de Macédoine, du Kosovo et d’Albanie déclarés coupables de terrorisme et d’aide à des terroristes, pour leur responsabilité dans un affrontement sanglant en 2015 qui avait fait 18 morts.

Sur les 37 personnes jugées, sept ont été condamnées à la perpétuité. Vingt-six accusés ont été condamnés à des peines allant de 12 à 40 ans de prison et quatre, jugés pour complicité avec un groupe terroriste, ont été acquittés.

L‘énoncé du verdict s’est déroulé dans une atmosphère tendue, dans une salle bondée de représentants des médias. D’importantes mesures de sécurité avaient été déployées dans la capitale macédonienne.

Les accusés, qui dans un premier temps avaient refusé d’entrer dans la salle, y sont finalement entré en scandant “UCK, UCK” (Armée de libération du Kosovo, la guérilla indépendantiste kosovare), “pas de paix sans justice” ou encore “les victimes seront vengées”.

Les plus bruyants ont été expulsés de l’audience.

Les preuves présentées au tribunal “montrent comment ils ont agi (…) comment ils ont entamé leur opération, quelles armes ils ont utilisé, comment ils sont arrivés dans le quartier Divo à Kumanovo, où ils ont commis les 9 et 10 mai une attaque terroriste”, a expliqué la juge Verka Petkovska.

Naser Raufi, un des avocats de la défense, a confié qu’il ne s’attendait pas “à des peines aussi lourdes”, dénonçant “un dossier monté” et demandant “une enquête indépendante”.

Pendant le procès, les accusés avaient nié les accusations de terrorisme, affirmant avoir agi en légitime défense.

Huit policiers et dix membre d’un groupe armé avaient été tués et plusieurs dizaines d’autres personnes blessées lors d’un affrontement début mai 2015 dans la ville ethniquement mixte de Kumanovo (nord), proche des frontières de la Macédoine avec le Kosovo et la Serbie.

Il s’agissait du plus grave incident armé dans ce pays depuis le conflit de 2001 qui avait opposé des rebelles albanais de Macédoine aux forces de Skopje. Les accords d’Ohrid (sud-ouest de la Macédoine) ont mis un terme à six mois de conflit et apporté aux Albanais, en majorité de confession musulmane et qui représentent environ 25% des 2,1 millions d’habitants de Macédoine, davantage de droits.

Ces incidents de Kumanovo étaient intervenus après qu’un groupe armé d’Albanais venus du Kosovo eut brièvement pris possession le 21 avril 2015 d’un commissariat de police dans le village de Gosince, à la frontière nord de la Macédoine, où ils avaient volé des armes.

La Macédoine était à l‘époque en proie à une grave crise politique. L’opposition de gauche accusait le pouvoir conservateur de Nikola Gruevski de corruption et d’avoir mis sur écoute 20.000 personnes, dont des hommes politiques, des journalistes et des chefs religieux.

Pour certains opposants, M. Gruevski – qui a depuis cédé le pouvoir à l’opposition – a joué un rôle dans les incidents de Kumanovo, provoqués selon eux pour détourner l’attention de la crise, ce que l’ex-Premier ministre avait démenti.

A la suite des incidents, des milliers de Kosovars avaient participé à Pristina, au Kosovo voisin, aux funérailles, dignes de héros, de huit Kosovars tués lors des affrontements à Kumanovo avec la police macédonienne.

jmi-bur-rob-mat/mra

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