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Transat Jacques-Vabre: à deux c'est mieux... ou pas

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Transat Jacques-Vabre: à deux c'est mieux... ou pas

Transat Jacques-Vabre: à deux c'est mieux... ou pas
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A deux sur un bateau pendant des jours et des nuits, c'est un plaisir quasi unique qu'offre la Transat Jacques-Vabre, dont le départ sera donné dimanche au Havre, mais qui peut tourner au cauchemar si l'autre n'est pas celui qu'on croyait. "La transat Jacques-Vabre, c'est la course la plus plaisir, il y a moins le côté anxiogène parce qu'on est deux": Thomas Coville (Sodebo), détenteur du record du tour du monde en solitaire, ne tarit pas d'éloges sur la course qui relie le Havre à Salvador de Bahia (Brésil). Le Rennais est un habitué. Pour sa 6e participation, il est en duo avec Jean-Luc Nélias, tout comme lors de l'édition précédente, en 2015. "On a démarré, on était complémentaire et on est devenu complice, c'est-à-dire qu'on n'a plus besoin d'expliquer le champ de l'autre. Quand tu es complémentaire, tu ne sais pas si tu seras complice. Et tu ne le seras peut-être jamais, ce sera sûrement performant mais moins jubilatoire", explique à l'AFP Coville, marqué par un duo malheureux il y a quelques années. "C'était de la non-communication. Il n'y avait rien. C'est devenu pesant à la fin. Il y a eu une poignée de mains symbolique mais il n'y avait rien dans cette poignée de mains, ça m'avait vraiment marqué. Ca ne marche pas à tous les coups, ce n'est pas qu'intuitif, ça se travaille et ça peut +merder+", confie Coville. - 'Il est devenu fou' - La cohabitation peut même virer au cauchemar, comme le raconte Fabrice Amedeo (Newrest - Brioche Pasquier), qui a sérieusement "déchanté" sur une transat. "J'ai eu une expérience en double difficile pour ma première course il y a 10 ans. La personne est devenue folle, en fait, au large. C'était quelqu'un qui était un très bon régatier mais qui a pété les plombs au large et c'est devenu une expérience franchement difficile. Il fallait gérer sa folie, il est vraiment devenu fou et presque violent", se souvient-il. Pour Amedeo, l'exercice en duo "est à double tranchant". "Moi j'ai commencé à faire du solitaire le jour où j'ai vécu cette expérience en double si difficile. Je me suis dit: +c'est tellement dur à deux que maintenant, seul, ce sera plus facile+". A bord de son Imoca cette année, il se sait à l'abri de ce genre de déconvenues alors que son partenaire, l'Italien Giancarlo Pedote, est le camarade idéal. Partir à deux, c'est partager les manœuvres, se reposer de façon plus sereine. Mais aussi partager des instants de contemplation face à l'océan, voire des moments de franche rigolade autour d'un repas lyophilisé. - Doubles tendus - "J'ai eu des doubles un peu tendus au début de ma carrière, plus ça avance et plus ça se passe bien. On devient plus sage avec l'âge, je trouve ça de plus en plus plaisant", relève Vincent Riou, équipier de Erwan Le Roux (Fenêtréa - Mix Buffet). "On est deux solitaires qui naviguent l'un à coté de l'autre. Il faut essayer de ne pas se prendre le chou, on vit dans un environnement hyper confiné, dans des conditions d'engagement qui peuvent être extrêmes, tous les facteurs sont réunis pour que les choses soient tendues entre les gens", détaille-t-il. Pas vraiment bizuth mais encore en manque d'expérience, Paul Meilhat (SMA) a choisi pour sa deuxième participation un marin qui n'a encore jamais fait la Transat Jacques-Vabre, Gwénolé Gahinet. Une aventure en forme de découverte. "On n'a pas fait plus de trois, quatre jours ensemble au large. Mais on est capable de se dire quand ça ne va pas. Ca ne nous dérange pas d'avoir tort même si on est plutôt grognon quand ça arrive", assure Meilhat, qui a un caractère bien différent de Gahinet. "Gwénolé a un rapport à l'espace temps qui n'est pas tout à fait le mien!" Et Gahinet de conclure: "On aime bien avoir raison mais on accepte d'avoir tort".
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