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Judo: Riner pour la "decima", sept ans après sa dernière défaite

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Judo: Riner pour la "decima", sept ans après sa dernière défaite

Judo: Riner pour la "decima", sept ans après sa dernière défaite
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L'ogre Teddy Riner a encore faim. Deux mois seulement après son neuvième titre mondial, la superstar du judo veut en croquer un dixième sans tarder lors des Mondiaux toutes catégories, samedi à Marrakech (Maroc). Pour pimenter le scénario, le poids lourd (2,03 m, autour de 140 kg) va s'attaquer à ce jalon symbolique dans la compétition où il avait goûté pour la dernière fois à la défaite. C'était il y a plus de sept ans, le 13 septembre 2010 en finale des Mondiaux toutes catégories à Tokyo, face au Japonais Daiki Kamikawa, sur décision des arbitres. Une éternité à l'échelle d'une carrière sportive, mais un souvenir bien vivace dans la mémoire de Riner (28 ans). "Cette défaite m'a servi toute ma carrière, jusqu'à maintenant. Ça m'a permis d'avoir le palmarès que j'ai. Ce n'est pas sûr que j'aurais été champion olympique en 2012 s'il n'y avait pas eu cette défaite-là", raconte-t-il. "Ça m'a fait grandir, ça m'a permis de repartir encore plus au travail", poursuit-il. Si elle a fait l'effet d'une piqûre de rappel, cette défaite s'est révélée diablement efficace. Depuis, Riner impose sa loi sur le judo mondial. Sa série de victoires - en cours - est vertigineuse : 138 combats, ponctués par deux sacres olympiques (2012 et 2016) dans la catégorie reine. - Comme Nadal et le Real - Dès sa neuvième médaille d'or mondiale autour du cou, début septembre à Budapest, le judoka le plus titré aux Championnats du monde (hommes et femmes confondus) s'est tourné vers la "decima". L'objectif lui "tient à cœur", insiste Riner, loin d'être insensible à l'idée de marquer toujours plus de son empreinte l'histoire de son sport, et du sport en général. "Quand on me dit dix titres, j'entends Rafael Nadal à Roland-Garros, le Real Madrid en Ligue des champions. J'ai envie de faire comme les grands (champions) de tous les sports, de faire partie de ce cercle restreint", reconnaît-il. "Ce serait l'accomplissement de ma carrière ; attention, pas la fin, mais la cerise sur le gâteau. A moi de faire ce qu'il faut pour pouvoir dire que j'ai la carte de membre !", lance-t-il. Dans la perspective des JO-2020, où Riner visera un historique troisième sacre consécutif, son entraîneur à l'Insep, Franck Chambily, verrait d'un bon œil que son protégé atteigne la barre des dix titres dès samedi. "Après, c'est la grande ligne droite vers les JO. S'il est champion du monde là, il ne fera peut-être pas (les Mondiaux) en 2018, et encore moins en 2019. On ne sera pas embêtés par une pression supplémentaire, ce sera beaucoup plus facile en termes de vision lointaine", se projette-t-il auprès de l'AFP. - Combats tactiques - La bonne nouvelle, c'est que Riner comme son entraîneur sont d'accord sur le fait que physiquement, les voyants sont au vert. "Teddy est plus en forme, plus entraîné, plus affûté" qu'à Budapest, estime Chambily. Cela ne sera pas superflu pour déjouer les pièges propres aux Mondiaux toutes catégories : combattre face à des adversaires pas familiers, se mesurer à des gabarits inhabituels, parfois plus vifs et plus mobiles que ce que les lourds connaissent, se frotter à des judos inconnus... "C'est l'esprit même du judo", résume le colosse. "Peu importe qui est devant toi, il faut savoir se servir de sa force pour le mettre à terre, lui mettre ippon et gagner le combat." La route vers la "decima" s'annonce toutefois raide, avec dès le deuxième tour, la promesse d'un remake de la demi-finale de Budapest, où le jeune Géorgien Guram Tushishvili avait fait vaciller Riner. Dans l'autre partie de tableau, celle du Grec Ilias Iliadis, sorti de sa retraite pour l'occasion, Cyrille Maret, l'autre Français en lice, aura fort à faire d'entrée contre l'Israélien Or Sasson. Pour Chambily, il y a un danger identifié : le début de combat. Et un maître-mot qui en découle : ne pas se laisser surprendre. Riner en est bien conscient. "Il va falloir user de toutes les cartes", anticipe-t-il. "S'il faut gagner des combats par pénalité, on fera ce qu'il faut. Il faut savoir être tactique de temps en temps." Le jeu en vaut la chandelle.
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