DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Abou Khattala voulait "tuer les Américains" à Benghazi, dit le procureur

Vous lisez:

Abou Khattala voulait "tuer les Américains" à Benghazi, dit le procureur

Abou Khattala voulait "tuer les Américains" à Benghazi, dit le procureur
Taille du texte Aa Aa
Accusé d'avoir fomenté l'attaque contre la mission diplomatique des Etats-Unis dans le port libyen de Benghazi, Abou Khattala voulait absolument "tuer" des Américains, même s'il n'a pas lui-même tiré ou incendié, a affirmé jeudi le procureur à son procès. "Je vais tuer tous les Américains, chacun d'entre eux: voici ce que l'accusé Abou Khattala a déclaré, et c'est exactement ce qu'il a fait", a insisté Michael DiLorenzo, à l'ouverture de son réquisitoire devant une cour fédérale de Washington. "Le 11 septembre (2012), il est passé à l'acte", a poursuivi le procureur, en désignant du doigt à plusieurs reprises le cerveau présumé de l'attaque qui a coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye, ainsi qu'à trois autres Américains. Abou Khattala, quadragénaire à la longue barbe blanche, est resté impassible sur sa chaise, d'où il suit depuis sept semaines les débats de son procès, traduits pour lui en arabe. M. DiLorenzo l'a de nouveau présenté comme un fondamentaliste radicalement opposé aux valeurs occidentales, qui ne supportait pas la rumeur selon laquelle les locaux américains de Benghazi étaient un nid d'espions. Une vingtaine d'hommes armés avaient pris d'assaut le complexe diplomatique, avant d'incendier la maison consulaire où étaient réfugiés l'ambassadeur John Christopher Stevens et un employé du département d'Etat, Sean Smith. Ils moururent asphyxiés. Plus tard cette même nuit, les activistes avaient tiré au mortier sur un bâtiment utilisé par la CIA dans un autre quartier de Benghazi, ville située dans l'est de la Libye. Les obus avaient tué Glen Doherty et Tyrone Woods, deux anciens membres des Navy Seals, une force d'élite. - Les Etats-Unis choqués - Cette double attaque avait choqué les Etats-Unis: aucun ambassadeur américain n'avait ainsi été tué depuis 1979. Plusieurs branches du gouvernement de Barack Obama s'étaient vu reprocher des failles et négligences, notamment le département d'Etat alors dirigé par Hillary Clinton. Abou Khattala répond de 18 chefs d'accusation, parmi lesquels meurtres et association terroriste. Il encourt la réclusion à perpétuité. Le verdict sera rendu par un jury de 12 personnes, à l'issue des plaidoiries finales ayant débuté jeudi. Selon ses avocats, M. Khattala est certes un homme religieux et conservateur, mais pas quelqu'un vouant une haine tenace à l'Occident. Au contraire, ce "patriote libyen" s'est selon eux battu "aux côtés des Américains" contre le régime du dictateur Mouammar Kadhafi, déchu en 2011. Il n'a été qu'un simple témoin de l'attaque, assurent-ils, après être venu sur les lieux par curiosité en tant que voisin. Sur les photos et vidéos de surveillance présentées lors du procès, l'accusé apparaît parfois, mais jamais en train de tirer ou d'avoir un geste hostile. - 'Responsabilité partagée' - "Cela n'a pas d'importance car l'accusé est tout autant responsable" selon la définition légale de l'association de malfaiteurs, a soutenu jeudi le procureur DiLorenzo. "En apportant sa contribution, Khattala voulait que le crime soit commis", a-t-il martelé, avant de détailler: "L'objet de l'association était d'éradiquer la présence américaine à Benghazi par la force ou la menace, de violemment attaquer la mission et l'annexe, et de tuer des citoyens américains". Abou Khattala, qui n'est jamais entré dans la clandestinité, a été capturé en 2014 à Benghazi, grâce à une opération commando et le retournement d'un de ses amis, qui a été récompensé par les autorités américaines d'une somme de 7 millions de dollars. Il y a seulement quelques années, un homme comme Khattala aurait probablement été transféré directement à Guantanamo et n'aurait connu que la détention et la justice militaires. Ce procès doit donc permettre d'évaluer la capacité de la justice civile américaine à traiter de tels dossiers.
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.